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L’imbroglio audiovisuel de Nicolas Sarkozy

Mercredi 14 avril 2010

Il ne s’agit pas pour moi, ici, de douter à haute voix des qualités professionnelles d’Alexandre Bompard, PDG d’Europe 1 et annoncé comme le futur président de France Télévision.

Le problème est ailleurs : le mode de désignation instauré par Nicolas Sarkozy placera toujours le futur élu dans la situation inconfortable d’être soupçonné d’allégeance à l’égard du pouvoir élyséen. Nous vivons dans une drôle de démocratie où la nomination à des postes publics importants est en permanence sujette à caution, où l’on ne parvient pas à couper les liens originels entre pouvoirs politiques et entreprises publiques.

Cette nomination n’est pas anodine : France Télévision propose un réseau de chaînes très fourni et il participe activement à la fabrication de l’opinion publique.

Pourquoi ne pas avoir inventé un système de désignation moins soupçonneux, à partir d’une autorité dont les membres imposeraient naturellement le sentiment d’une indépendance d’autant plus difficile à mettre en œuvre qu’elle restera toujours frappée de subjectivité.

Nicolas Sarkozy avait annoncé une « démocratie irréprochable ». Les conditions législatives qui la sous-tendent donnent l’impression du contraire. La République du Fouquet’s donne des signes de bonne santé et les proches de l’univers sarkozyste ne sont pas oubliés. Arnaud Lagardère, patron d’Europe 1, peut être heureux d’avoir un « frère » -il avait ainsi qualifié ses rapports avec Sarkozy- aussi respectueux du pacte d’amitié. Mais l’audiovisuel public mérite une autre approche que le respect d’un pacte de fidélité.

Le système bancaire est-il plus important que l’avenir de la planète ?

Mardi 22 décembre 2009

Disons-le franchement : au-delà de l’échec de Copenhague, ce sont les conditions de son déroulement qui ont heurté. Longtemps, on a cru que les discussions byzantines n’étaient réservées qu’aux grandes messes altermondialistes, où chaque virgule est le fruit d’un inextricable dosage diplomatique. Les altermondialistes ne sont plus seuls.

L’impératif de sauver la planète a été relégué au second plan à la conférence de Copenhague, les grands Etats se retranchant derrière de tout petits calculs à très court terme. Il fallait donner une vision claire, solidement ancrée dans un calendrier, de la réponse de la planète à une menace de réchauffement climatique unanimement identifiée. Rien de cela, qu’un simple communiqué aux airs d’exercice de style. Pas même une photo officielle, histoire de sauver les apparences…

Visiblement, les grands de ce monde savent agir avec plus de célérité lorsqu’il s’agit de sauver les banques et un système économique menacé d’implosion. La piètre image offerte à Copenhague est révélatrice d’une hiérarchie des valeurs à repenser.

Certains citoyens du monde éprouvent déjà dans le quotidien la souffrance du réchauffement climatique. Certaines îles s’apprêtent à disparaître après le naufrage de Copenhague. L’égoïsme des Etats a, une nouvelle fois, démontré qu’aucune menace sérieuse ne peut remettre en cause les certitudes butées. Aux citoyens, aux collectivités locales, d’agir pour pallier l’inconscience de certains.