L’imbroglio audiovisuel de Nicolas Sarkozy
Mercredi 14 avril 2010Il ne s’agit pas pour moi, ici, de douter à haute voix des qualités professionnelles d’Alexandre Bompard, PDG d’Europe 1 et annoncé comme le futur président de France Télévision.
Le problème est ailleurs : le mode de désignation instauré par Nicolas Sarkozy placera toujours le futur élu dans la situation inconfortable d’être soupçonné d’allégeance à l’égard du pouvoir élyséen. Nous vivons dans une drôle de démocratie où la nomination à des postes publics importants est en permanence sujette à caution, où l’on ne parvient pas à couper les liens originels entre pouvoirs politiques et entreprises publiques.
Cette nomination n’est pas anodine : France Télévision propose un réseau de chaînes très fourni et il participe activement à la fabrication de l’opinion publique.
Pourquoi ne pas avoir inventé un système de désignation moins soupçonneux, à partir d’une autorité dont les membres imposeraient naturellement le sentiment d’une indépendance d’autant plus difficile à mettre en œuvre qu’elle restera toujours frappée de subjectivité.
Nicolas Sarkozy avait annoncé une « démocratie irréprochable ». Les conditions législatives qui la sous-tendent donnent l’impression du contraire. La République du Fouquet’s donne des signes de bonne santé et les proches de l’univers sarkozyste ne sont pas oubliés. Arnaud Lagardère, patron d’Europe 1, peut être heureux d’avoir un « frère » -il avait ainsi qualifié ses rapports avec Sarkozy- aussi respectueux du pacte d’amitié. Mais l’audiovisuel public mérite une autre approche que le respect d’un pacte de fidélité.



