PORTRAIT

caselliLe goût des autres

Le 17 avril 2008, les habitants des 18 communes de Marseille Provence Métropole découvrent un homme neuf dans l’échiquier politique : Eugène Caselli. Ce jour-là, il provoque un véritable séisme politique local en étant désigné président de la Communauté urbaine de Marseille Provence Métropole alors que la droite semblait assurée de décrocher le Graal.

Ce succès n’est pas étonnant. Socialiste de toujours, ferme dans ses convictions, Eugène Caselli a su faire montre, tant dans son parcours politique que dans sa vie professionnelle, d’un goût affirmé pour le consensus. D’emblée, dans son discours introductif de président, il plante le décor de ce que sera sa manière de présider aux destinées de la troisième communauté urbaine de Marseille : « Je veux être un président au service de tous et toutes, au-dessus des clivages ». C’est ainsi qu’il mettra un point d’honneur à signer un accord de gouvernance partagée permettant à MPM de relever les défis nécessaires à l’affirmation de son ambition métropolitaine.

L’homme est rompu aux subtilités du management des hommes et des accords d’entreprise. C’est en grande partie dans le secteur privé qu’il a mené sa carrière professionnelle. Successivement directeur central et directeur général adjoint en charge des ressources humaines et de la communication puis membre du directoire de la Caisse d’Epargne de Provence Alpes Corse, il était reconnu pour son sens inné de l’écoute et sa volonté permanente de sortir par le haut des négociations les plus ardues.

Il fut plus tard patron du Conseil de concertation des Bouches-du-Rhône, instance consultative du Conseil général chargée de fournir aux élus des projets clé en main pensés par des responsables syndicaux, associatifs et du monde de l’entreprise. A ses yeux, la noblesse politique se forge dans ces allers-retours permanents entre la sphère politique et la société civile. Un enrichissement mutuel plus que jamais d’actualité…

D’origine bastiaise, Eugène Caselli est né en 1946 à Marseille. Enfant, il rêvait de devenir archéologue et décroche une maîtrise d’histoire à l’Université d’Aix-Marseille. Les portes de l’Education nationale lui sont grandes ouvertes mais il refuse un poste qui l’aurait éloigné de sa ville natale. Il entame dès lors sa lente mais progressive ascension à la Caisse d’Epargne.

L’homme de gauche décide de s’engager en politique à 36 ans. 20 ans plus tard, il deviendra membre du bureau national du PS et premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. Il en démissionnera en septembre 2010 pour se consacrer exclusivement à sa tâche prenante de président de MPM.

Amateur de cinéma américain et grand collectionneur de BD, il n’a guère plus le temps de s’adonner à sa passion pour le tennis et préfère ménager du temps pour se consacrer à sa famille. Mais les circonstances politiques actuelles, avec un Parti socialiste traversé par le souci de rénovation de la vie politique et un Front national exagérément haut dans les sondages, l’obligent à monter au filet pour défendre les valeurs auxquelles il a consacré toute sa vie : plus de justice et de cohésion sociale, une politique permanente de correction des inégalités, une dynamique de projets adaptés au contexte d’une mondialisation rude et impitoyable qui laisse peu de places aux errements idéologiques.