Archive pour la catégorie ‘Transports’

Crash de l’Airbus des Comores : après le drame, le temps des questions

Vendredi 3 juillet 2009

Je tiens d’abord à renouveler mes plus sincères condoléances aux familles frappées par la disparition, au large des Comores, de l’Airbus de la compagnie Yemania.

Soixante et une personnes avaient embarqué à l’aéroport de Marseille - Provence. Beaucoup de familles sont aujourd’hui dans la peine. Je souhaite leur dire ma compasion et les assurer que tout Marseille partage leur deuil.

Je comprends par ailleurs la colère de la communauté comorienne. Pour accomplir leur deuil, les familles doivent savoir si la responsabilité de la compagnie aérienne est complètement engagée. Si tel est le cas, il faudra que l’Etat français prenne les devants pour renforcer un peu plus les dispositions du droit international en la matière.

Car rien ne justifie, et surtout pas la situation financière des voyageurs, que la sécurité de ces derniers soit exposée.  Les avions « poubelles » doivent disparaître du ciel pour que plus jamais les mêmes causes puissent provoquer un tel drame.

LGV Méditerranée, le bon sens a prévalu

Mardi 30 juin 2009

Il y a quelques semaines, le mensuel Objectif Méditerranée m’avait interrogé sur la pertinence du tracé sud de la LGV Méditerranée. Voici ce que j’avais répondu :

« Je suis un partisan convaincu du tracé des métropoles. Cela me paraît relever de l’évidence. Le train à grande vitesse, dans les grandes métropoles européennes, c’est toujours le choix du passage en centre-ville, autour de grandes gares pôles d’échanges entre divers modes de transport et autour de grands projets d’urbanisme. C’est ce qu’on voit partout en Europe et le choix qui a toujours été fait en France pour les grands centres urbains.

Beaucoup d’informations incomplètes ou erronées ont circulé. Je pense que maintenant les choses sont claires. De différence de temps sur les directs Paris-Marseille, il n’y en a quasiment pas, mais en revanche la solution des métropoles fait gagner du temps, des passagers (deux millions par an) et rend ainsi la ligne beaucoup plus rentable. Le bonus pour le scénario métropoles serait de 2,5 milliards d’euros sur 20 ans.

Il est facile de comprendre que la solution des métropoles permet de dynamiser le transport interurbain, car en libérant la ligne classique, celle où le TGV ne circule pas, on va vraiment lui donner du souffle. 25 % de trafic supplémentaire sur Marseille-Aubagne-Toulon à l’ouverture de la ligne, ce n’est pas rien ! On aura ainsi une infrastructure permettant de valoriser le TER. La LGV doit avoir ce double objectif : la grande vitesse et le transport régional. C’était une des conclusions du débat public, qu’on semble avoir trop perdue de vue dans les études complémentaires ».

Je suis donc satisfait de voir aujourd’hui que cette position a été retenue. Il faut ici saluer le précieux travail d’Yves Cousquer, nommé médiateur sur ce dossier par le ministre Jean-Louis Borloo. Sa remise à plat des avantages et des inconvénients des deux tracés –celui des métropoles et celui passant plus au nord- a montré que les écarts en termes de coût n’étaient pas aussi élevés qu’on pouvait le craindre.

Cet équipement est absolument vital pour renforcer la fonction métropolitaine de Marseille et en faire, au-delà de nos frontières, la capitale d’une Euroméditerranée en pleine mutation. En dessinant ainsi l’axe Barcelone, Marseille, Toulon, Nice et Gênes, nous donnons de la cohérence au développement du sud de l’Europe.

Mieux encore, au-delà des considérations économiques évidentes, nous faisons ainsi le pari de diminuer plus encore le trafic autoroutier. En 2020, nous éprouverons ainsi le vrai bonheur de rallier Nice en une heure sans encombrer des routes déjà saturées.

Tous les acteurs économiques et politiques doivent se mobiliser pour faire de ce projet une réussite collective.

Grand Marseille et petites polémiques

Mercredi 27 mai 2009

Ces derniers jours, il a souvent été question du Grand Marseille. Certains acteurs politiques, cherchant sans doute la lumière médiatique, cherchent à s’approprier la paternité du Grand Marseille à venir. A les entendre, de Toulon à Lyon, d’Arles à Avignon, d’Aix à Fos-sur-Mer, Marseille aurait ainsi mangé tous les territoires environnants. Comme si l’opinion des élus et des habitants de ces territoires ne comptait pour rien.

La méthode, en elle-même, ne correspond pas à ma façon d’agir. Sans aller jusqu’à un traditionalisme forcément suranné, je comprends l’attachement à la terre et aux cultures locales.

La France est un pays de diversité. S’il existe à l’évidence un mitage des territoires, ces derniers ne doivent pas, sous la seule impulsion politicienne, passer à la trappe.

A ma place, en tant que président de la Communauté urbaine de Marseille Provence Métropole, je n’agirai jamais sur un coup de tête ou parce que l’actualité se prête à du bavardage médiatique. La commission Balladur a eu le grand avantage d’ouvrir le débat sur les fusions des intercommunalités. Ce débat, nous l’aurons, à l’échelle de notre territoire, avec toutes les collectivités qui en auront exprimé l’envie.

En ce qui me concerne, je suis persuadé que l’avenir sera métropolitain ; c’est une nécessité historique. Mais il faut se garder des passages en force, des oukases ou des complexes de supériorité.

A l’évidence, comme je l’ai rappelé à l’occasion de nombreux interviews, Marseille a un train de retard en matière d’intercommunalité.

Il faut bien reconnaître que Lyon ou encore Lille sont plus avancés que nous. Mais nous ne devons pas commettre d’erreur de communication par des annonces brutales, et, seule une concertation constructive permettra de définir les contours d’une grande métropole autour de Marseille à la hauteur que lui impose son positionnement géostratégique dans la Méditerranée.

Dans l’immédiat, nos partenaires sont avant tout les agglos de l’Ouest Provence autour de Fos-sur-Mer devenu aujourd’hui le Grand Port de Marseille, l’Agglopole, autour de Berre et de Salon, l’Etoile, autour d’Aubagne, l’APM autour de Martigues et des villes environnantes, le Pays d’Arles et la communauté du Pays d’Aix.

Ensemble, nous pourrons travailler au devenir d’un grand dessein métropolitain qui, en matière de projet économique et industriel, de réseaux des transports terrestres, maritimes et aériens, de développement durable, d’environnement et de gestion des déchets, de préservation de l’espace marin, d’animation des ports de plaisance, de culture, d’université et de pôles de compétitivité, de recherche et d’innovation, peut faire de nos territoires un pôle de développement et de prospérité qui rayonne au Sud de l’Europe et de la Méditerranée, comme rayonnent déjà Barcelone ou Milan.

Le débat ne se fera pas dans la presse mais en direct avec tous les maires de Marseille Provence Métropole, avec tous les élus des communautés voisines et des présidents de ces dernières.

En ce qui me concerne, avec d’autres, j’y veillerai, fidèle à une méthode de travail concerté qui a largement fait ses preuves.

Un an après…

Lundi 20 avril 2009

Un an, déjà… Le 17 avril 2008, j’accédai à la présidence de Marseille Provence Métropole. Il fallut quelques semaines avant de dégager un consensus entre toutes les forces politiques présentes. La mise au point d’une gouvernance partagée a été actée lors du conseil communautaire du 31 mai 2008. Depuis, l’institution est en ordre de marche et nous disposons d’une majorité stable et renforcée.

Il a alors fallu s’atteler à régler deux problèmes majeurs qui se posaient à la communauté urbaine.

Le premier, celui dit de « l’incinérateur », construit sous la mandature de mon prédécesseur, était d’ordre politique, juridique, financier et environnemental. Nous avons pu surmonter cette difficile épreuve en commandant un audit qui, en dressant un état des lieux incontestable, nous a permis de présenter les solutions les plus équilibrées possibles en réduisant la part d’incinération et en augmentant la part de méthanisation des tonnages annuels d’ordures ménagères traitées par l’usine.

Le second problème qui nous était posé était celui de l’état très préoccupant des finances de la communauté urbaine et la constitution du budget 2009.

En réduisant le niveau d’emprunt, en faisant des économies de fonctionnement et en investissant uniquement dans ce qui nous paraissait vraiment utile pour l’intérêt général, nous avons pu présenter un bon budget voté sans aucun suffrage contre à l’assemblée.

Mais le niveau d’endettement de notre institution laissé par la mandature précédente, le poids financier du traitement des déchets lié à l’incinérateur et le désengagement de l’Etat sont tels que les contraintes seront lourdes pour construire les budgets 2010, 2011 et 2012. Mais je ne doute pas qu’à force de travail, nous y parviendrons.

Néanmoins, le niveau d’investissement de Marseille Provence Métropole restera élevé grâce à notre rigueur budgétaire et à l’apport du plan quinquennal du Conseil général de 250 M€.

Avec Jean-Noël Guérini, nous allons mettre en œuvre un plan d’action contre la crise pour soutenir l’activité économique du territoire communautaire. C’est une chance exceptionnelle pour le Grand Marseille de bénéficier d’une aide aussi importante, qui sera, n’en doutons pas, un accélérateur de développement.

J’ai lu dans la presse que mon adversaire d’alors au poste de président de MPM, Renaud Muselier, me désignait comme un « homme d’appareil », n’ayant pas reçu l’onction du suffrage universel. Il n’est pas dans mon habitude de céder à la tentation de la polémique. Je trouve cependant que ces propos sont inappropriés. Tout d’abord, la liste municipale dont je faisais partie, menée par Lisette Narducci dans les 2e et 3e arrondissements de Marseille, a été élue au premier tour avec près de 54 % des voix. Ensuite, je dois mon élection au vote des conseillers communautaires désignés par les conseillers municipaux des 18 communes ; que certains d’entre eux, appartenant à la famille UMP, aient décidé de ne pas soutenir l’un des leurs relève de la chronique politique interne à l’UMP, dont j’ignore les méandres. Mais il faut savoir qu’en politique, un vote n’est jamais innocent

Mais je laisse aux chroniqueurs le soin de tirer les conclusions politiques qui s’imposent. A mon niveau, je mets en œuvre pas à pas les dossiers de développement inscrits dans la feuille de route que les élus communautaires ont validée le 31 mai 2008.

Mon seul horizon politique, c’est de construire la dynamique de la métropole marseillaise, de ses 18 communes et notamment de Marseille, notre ville centre, d’accélérer leur développement économique, d’améliorer leur cadre de vie, leurs conditions de transports et contribuer ainsi au bien-être de nos concitoyens…

Car je ne peux concevoir la politique qu’au service d’une action constructive et partagée par le plus grand nombre.

Le plan d’action contre la crise, un accélérateur de croissance

Vendredi 3 avril 2009

guerini-caselli-plan-quinquennal-cg13Nous avons signé hier, au Conseil général des Bouches-du-Rhône, l’accord cadre entre le Département et la Communauté urbaine de Marseille Provence Métropole.

Autour du président Jean-Noël Guérini étaient réunis l’ensemble des maires de la communauté urbaine MPM, dont Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille. Ce fut un grand moment de consensus politique : l’urgence de la situation économique en France et dans notre département l’imposait.

Les 250 M€ accordés à MPM dans le cadre de ce plan exceptionnel d’action contre la crise permettront de soutenir l’activité économique du territoire communautaire. C’est une chance exceptionnelle pour le Grand Marseille de bénéficier d’une aide aussi importante, qui sera, n’en doutons pas, un accélérateur de développement.

Avec Jean-Noël Guérini, nous avons décidé d’axer nos efforts dans trois directions : les transports, la voirie et l’amélioration du cadre de vie.

J’ai évoqué, dans un précédent article, la répartition financière de cette aide : 150 M€ pour les transports, 50 M€ pour la voirie et 50 M€ pour le cadre de vie. Forte d’une représentation démographique importante, Marseille bénéficiera d’une grande partie de ce financement, même si nous avons veillé à ce que toutes les communes soient aidées.

En matière de transports, le plan intègre le prolongement du métro jusqu’au boulevard du Capitaine Gèze, démultipliera l’offre de parcs relais et le développement des pôles d’échanges pour faciliter le recours aux transports en commun.

En dehors de Marseille, Saint-Victoret, Cassis et La Ciotat-Ceyreste auront aussi des parkings relais aux abords des gares SNCF.

Afin de rendre plus efficaces les liaisons dans Marseille intra-muros, une dizaine d’axes seront privilégiés, dont cinq en priorités : Arenc-Saint-Antoine, Castellane-Luminy, Castellane-4 septembre, Canebière-Castellane, la desserte de Saint-Jérôme. Des voies en site propre seront aménagées pour les transports en commun.

La même préoccupation prévaudra pour répondre aux exigences du Plan Campus avec la desserte des pôles universitaires de Luminy, de Saint-Jérôme et du centre-ville. L’amélioration de la desserte des sites universitaires facilitera le déplacement des étudiants d’un site à l’autre. Sur ce Plan Campus, le Conseil général apportera 50 M€ et 25 M€ pour l’acquisition de bus à haute qualité de service. Nous avons aussi, avec Jean-Noël Guérini, considéré que la sécurité dans le métro devait être une priorité. En effet, pour rendre nos transports plus attractifs, nous devons faire des efforts importants en la matière.

Enfin, dans le cadre du syndicat mixte des transports, nous allons mettre en place une meilleure coordination entre les organismes de transports en commun et assurer un plus grand développement d’une billettique unique sur l’aire métropolitaine.

Les 50 M€ consacrés à la voirie permettront de mener des opérations centrées sur Marseille (20 M€) et sur les autres communes (30 M€). Enfin, 20 M€ seront affectés à l’amélioration de la propreté, notamment à Marseille, dans la continuité du plan propreté que j’ai eu l’occasion de présenter récemment. 30 M€ seront consacrés à des opérations de réaménagement du centre-ville de Marseille, notamment dans le cadre de la semi-piétonisation du Vieux-Port, projet qui va transformer le visage de la ville à l’orée de 2013, lorsque Marseille sera sacrée capitale européenne de la culture.

L’évidence est là : grâce au Conseil général, grâce à la détermination de Jean-Noël Guérini, la communauté urbaine, dont les finances sont en difficulté, va pouvoir augmenter sa capacité d’investissement. C’est une excellente nouvelle pour Marseille et pour les Marseillais.

Un investissement important pendant 5 ans va nous permettre de maintenir un bon niveau d’emploi à un moment où la crise nous impose d’avoir une forte réactivité pour accélérer la mise en chantier de nos grands projets métropolitains.

Voir la vidéo de Jean-Noël Guérini

Avec le budget 2009, Marseille Provence Métropole avance !

Vendredi 27 mars 2009

mpm-hemicycleChers amis,

Hier matin, le conseil de communauté de Marseille Provence Métropole a adopté le budget primitif de 2009 (aucun vote contre, les élus de droite se sont abstenus, sans faire pour autant le plein dans leurs rangs et la quasi totalité des maires ont voté pour).

Je me réjouis fortement qu’un tel consensus ait été trouvé, d’autant plus que ce budget affiche un équilibre financier en nette amélioration. De plus, et malgré la situation financière de MPM, ce budget est ambitieux. Il marque le point de départ dans la réalisation d’un programme pluriannuel d’envergure.

Nous avons réalisé le délicat exercice de maintenir un niveau d’investissement élevé tout en imposant une rigueur de gestion destinée à mieux maîtriser les charges financières héritées du passé.

Un seul chiffre : alors que les services du ministère de l’Intérieur tablent sur une hausse moyenne des impôts locaux de 6,7 % en 2009 pour les collectivités territoriales, –la hausse la plus élevée depuis 13 ans !-, j’ai tenu à ce que la fiscalité des ménages ainsi que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères n’augmentent pas. Nos concitoyens, qui ont vu fondre leur pouvoir d’achat ces derniers mois, apprécieront sans doute cette pause fiscale.

Mais, au-delà des mécanismes budgétaires classiques, ce qui intéresse nos concitoyens, chers lecteurs, ce sont les projets portés par ce budget et les visions d’avenir qu’il incarne.

Je m’étais engagé à pratiquer une politique d’investissement équitable et solidaire entre les 18 communes de MPM. Je me réjouis d’avoir pu travailler dans ce sens avec l’ensemble des maires. Ainsi, en 2009, plus de 330 millions d’euros seront consacrés aux opérations d’investissement et contribuent à maintenir l’emploi.

La participation importante du Conseil général explique en grande partie l’accroissement de notre capacité d’investissement. Le 2 avril prochain, je signerai, avec le Président du Conseil général, Jean-Noël Guérini, une convention cadre qui permettra d’investir 250 M€ dans des projets communautaires sur les cinq ans à venir.

Trois domaines prioritaires ont été retenus : les transports, la voirie et l’amélioration du cadre de vie.

150 millions d’euros seront consacrés aux transports
. Nous aurons ainsi la possibilité de prolonger le métro de Marseille jusqu’à Capitaine Gèze, de réaliser des parcs relais et des pôles d’échanges ou encore de réaliser des lignes de bus en site propre. Je suis intimement convaincu que la qualité des transports en commun dans une ville impacte
positivement sur la qualité du cadre de vie
, et à ce titre, une pénétrante Nord-Sud de Saint-Antoine à Luminy servie par des bus à haute qualité de service roulant sur des voies protégées, avec dérivation vers les facultés de St Jérôme et le Technopôle de Château-Gombert, enfin désenclavées, nous est apparue nécessaire.

50 millions d’euros seront destinés à la voirie,
tant sur le territoire marseillais que sur l’ensemble du territoire communautaire.

Enfin, 50 millions d’euros seront mobilisés sur le cadre de vie, et je pense plus particulièrement à la semi piétonisation du Vieux-Port et à la réorganisation du centre-ville de Marseille : sa réussite lancera idéalement les festivités de Marseille 2013 dont Marseille Provence Métropole est un acteur de premier plan.

Ce ne sont là que quelques lignes d’un budget plus complet, plus cohérent, dont la force est, à partir d’une vision métropolitaine du territoire, de poser les bases d’un projet tourné vers l’avenir qui constitue la feuille de route de cette mandature.