Archive pour la catégorie ‘Politique’

Barrer la route à la droite et à l’extrême droite en 2012

Mercredi 9 mars 2011

Marine le Pen à 24% ? Le sondage Louis Harris, même s’il peut être critiquable par certains aspects, n’en reste pas moins très préoccupant.

Reste à savoir ce qui peut motiver un score si élevé autour de la candidate d’un Parti prônant des idées ouvertement racistes.

Certes, Nicolas Sarkozy porte une large part de responsabilité dans le résultat de ce surprenant sondage parce qu’il manie avec une légèreté suspecte les idées sur lesquelles Marine Le Pen capitalise :

Le débat sur l’identité nationale et le discours sécuritaire de Grenoble hier, le débat sur l’Islam et les origines chrétiennes de l’Europe aujourd’hui, mais aussi quand ses vassaux invoquent la non appartenance au terroir de la France profonde, en évoquant la candidature de Dominique Stauss-Kahn.

Bref, comme il l’avait fait en 2007, Sarkozy  agite des peurs, rend ce pays frileux, le fragmente et secrète de la sous- citoyenneté.

Mais cette fois, cette stratégie, gagnante à la dernière présidentielle, où il avait siphonné les voix du Front National, semble se retourner contre lui. Depuis, la crise économique et sociale a mis à mal les classes populaires et moyennes, l’insécurité a augmenté malgré les rodomontades du Président et de son ministre de l’Intérieur, et les sondages sont de plus en plus mauvais pour le futur candidat UMP à la présidence, au point que certains dans son camp se demandent s’il ne  faut pas changer de cheval en cours de route.

Néanmoins, les socialistes ne pourront se contenter longtemps de ce constat. Les Français attendent de nous des réponses crédibles et audibles sur les problèmes économiques et sociaux et sur les problèmes de sécurité.

Quelle justice fiscale si demain nous accédons au pouvoir ?

Quelle politique sociale ?

Quelles solutions proposons-nous pour les plus précaires ?

Quelles solutions pour relancer la machine économique et l’emploi ?

Voila sur quoi nous devons être entendus et surtout écoutés !

Quant à la sécurité, hé bien, parlons-en ! Lançons un vrai débat qui irait des citoyens aux éducateurs et aux policiers pour savoir comment sortir certains quartiers et certaines villes d’une peur justifiée, sans angélisme et avec des réformes équilibrées allant de l’éducatif et du préventif au répressif.

Gardons-nous surtout  de croire que l’impopularité de la droite nous protégera de la défaite, la gauche doit proposer une alternative sous peine d’être elle aussi en état de défiance par rapport à l’opinion.

A travers nos propositions nous devons construire une crédibilité à la fois morale et politique.

Nous devons convaincre, à travers nos actes, que la politique est utile, qu’elle fonde notre pacte républicain et que sans elle, c’est le Front National qui prospère.

Le Front National ne propose rien, il dénonce, il tire les marrons du feu d’une crise sociale dure, impitoyable, face à laquelle Nicolas Sarkozy n’est pas au niveau en terme de réponses.

Ces réponses, les socialistes doivent les apporter collectivement, en responsabilité et sans tabous,  notamment en matière de sécurité.

Voila pourquoi il faut en appeler au refus de l’éparpillement des candidatures lors des primaires socialiste. Que le meilleur d’entre nous soit désigné sans heurt, très peu sont en position de l’emporter, tout le monde connait leur nom et  l’un d’entre eux se détache nettement, inutile d’y revenir.

Quant à la gauche dans son ensemble, elle devrait réfléchir au fait qu’une multiplicité de candidatures peut être dommageable avec un Front National aussi haut dans les sondages.

2002 c’était hier, ne l’oublions jamais si l’on veut collectivement barrer la route à la droite et à l’extrême droite en 2012.

Laissons Dominique Strauss-Kahn gérer son temps politique !

Mardi 22 février 2011

Dominique Strauss-Kahn est-il le meilleur candidat pour la gauche en 2012 ? Les sondages le laissent supposer mais on connaît leur friabilité.

Néanmoins, c’est une évidence, de nombreux Français désirent clairement le voir se présenter à l’élection présidentielle.

Et la droite s’affole face à la perspective de voir un responsable politique à la carrure d’homme d’Etat se profiler au loin. Elle a raison.

Du silence protocolaire imposé par la rigoriste discipline du FMI en matière de politique intérieure de la France, la droite en fait une fuite, un jeu de communication, une distance avec les Français. Quand de tels arguments prévalent dans le débat, comment ne pas sentir que l‘UMP, cassée par la politique de rupture sans résultat de Nicolas Sarkozy, n’a plus pour seul allié pour se sauver que l’anathème et la caricature ?

La campagne de 2012 sera dure et semée d’embûches. Le PS a toutes les cartes en main pour l’emporter mais la politique est un sport de combat où la différence se joue sur des riens.

Laissons à Dominique Strauss-Kahn le soin de creuser son propre sillon, de prendre le temps qu’il faut avant de se lancer officiellement dans la bataille.

En tant qu’homme responsable, et s’il a fait le choix de se présenter aux Français, il voudra passer le flambeau de la direction du FMI à son successeur dans les meilleures conditions qui soient.

Il a su, c’est une évidence, réformer cette institution et la rendre plus soucieuse de la dimension sociale des crises économiques dévastatrices, même si, parfois, les remèdes imposés par la profondeur des déficits publics sont douloureusement ressentis par la population.

Dominique Strauss-Kahn ne joue pas une opération de com’. Il respecte un calendrier clair. Et l’hypermédiatisation de son éventuelle candidature relève plus d’une impatience journalistique que d’une obsession populaire. La population française a d’autres chats à fouetter que de participer au décodage quotidien des non-dits strauss-kahniens.

Elle attend simplement des propositions de rupture avec le sarkozysme et le meilleur candidat pour les incarner.

Dominique Strauss-Kahn en a les qualités.

35 heures, n’offrons pas de roses à la droite !

Mercredi 5 janvier 2011

Je ne vais pas emboîter le pas de ceux qui critiquent les déclarations de Manuel Valls sur le « déverrouillage » des 35 heures. Il s’agit certainement d’un mot malheureux et même si j’ai un grand respect pour l’homme, je pense que Manuel Valls a commis une erreur en lançant un débat dans le contexte social actuel, tendu et difficile.

Les 35 heures doivent continuer à former la base légale de la durée du temps de travail. Et ce n’est pas à Manuel Valls de lancer un débat sur lequel la droite elle-même n’affiche pas une approche unitaire.

Les 35 heures ont toujours donné de l’urticaire à la droite, considérant qu’il ne fallait pas compter son travail pour exister socialement, même pour les petits boulots jetables et mal rémunérés. Pour la droite, le travail, même le plus dur, le plus exposé physiquement, c’est la santé ! Et quatre heures de plus dans le froid, ça forge un ouvrier et ça ne mérite surtout pas une petite récompense salariale !

Lionel Jospin a eu l’audace, en 1997, de tenter l’expérience de la réduction du temps de travail. Le bilan des 35 heures est positif pour certains spécialistes, plus contrasté pour d’autres. Mais le scénario d’un retour à 39 heures de durée hebdomadaire de travail entraînerait un vrai chaos social. Car, au-delà de l’agitation politique, les entreprises et les syndicats vivent à l’heure des 35 heures et la refonte des accords de branche tendrait de nouveau les rapports sociaux à un moment où le pays a besoin de sérénité pour sortir de la crise. Les salaires augmenteraient certes de 4 heures mais ne seraient pas défiscalisées, ce qui devrait réjouir… les chefs d’entreprise. Enfin, le retour des 39 heures hebdomadaires engendrerait une hausse du chômage. Les emplois créés à l’époque seraient donc en partie détruit.

Difficile donc de manier cette délicate question des 35 heures sans risquer d’allumer une explosion sociale. Manuel Valls doit comprendre que la droite n’a plus qu’un seul allié hypothétique pour sauver les meubles en 2012 : les supposées bagarres de chefs au PS sur des sujets qui permettraient de démontrer l’obsolescence du projet socialiste et le pragmatisme triomphant mais destructeur d’acquis sociaux de la droite.

Le réalisme opposé à l’utopie, la responsabilité versus l’absence de crédibilité, le refrain est connu et nous ne devons plus nous laisser entraîner comme des petits enfants sur ce terrain. Il n’est même plus besoin d’être anti-sarkozyste, prédisposition qui ne m’a jamais habité, pour mesurer l’étendue de l’échec du sarkozysme. Donc, laissons aux Français le soin de juger de ce que le sarkozysme leur a apportés et attelons-nous à la construction d’un projet mobilisateur.

Nous devons donc nous contenter de travailler des propositions crédibles plutôt que d’alimenter la chronique médiatique sur des débats dépassés. Que ce soient les 35 heures ou un autre sujet !

Bonne année à vous tous !

Mardi 4 janvier 2011

Chers internautes,

En ce début d’année 2011, je tiens à vous adresser mes vœux les plus sincères  de santé et de bonheur, pour vous-même et vos familles.

Vous le savez, ces derniers mois ont été difficiles. La crise économique s’éternise et certains de nos concitoyens, les plus précaires, en subissent encore plus fortement les effets.

Cette réalité nous oblige à reconsidérer nos visions politiques, à adapter nos réflexions au monde d’aujourd’hui, à améliorer notre travail au quotidien, pour redonner espoir à ceux qui ne croient plus à l’avenir, et par là à l’action politique.

Pour cela, la collectivité que j’ai l’honneur de diriger doit faire preuve d’encore plus d’efficacité, encore plus d’écoute, encore plus de transparence et de démocratie.

Marseille Provence Métropole doit s’atteler à atteindre deux objectifs :

-         améliorer par l’aboutissement de ses grands projets le cadre de vie de nos concitoyens en matière de transports, de propreté, d’environnement, de logement  et de développement économique.

-         Faire de l’agglomération Marseillaise une métropole d’avenir. En effet malgré ses faiblesses, Marseille reste incontournable, Marseille produit de la richesse, attire les investisseurs, les croisiéristes, les entreprises, et son potentiel est encore en partie inexploité.

-         Plus que jamais, je crois à la puissance de nos atouts métropolitains, mais pour parvenir au but, la mobilisation de toutes les volontés politiques, économiques et sociales sont nécessaires.

-         Cette mobilisation des compétences au service de la Métropole sera l’un des grands challenges à relever en 2011.

Bonne Année à toutes et tous.

Une autre gestion des retraites est possible

Mardi 18 mai 2010

Aujourd’hui, les enfants qui naissent vivront certainement au-delà de 80 ans. C’est le résultat d’une politique familiale conquérante que la gauche a souvent structurée, au contraire d’une droite si prompte à fustiger l’assistanat là où les politiques publiques s’appuient au contraire sur les ressorts audacieux de la solidarité.

Mais ce gain permanent sur l’espérance de vie n’est pas toujours synonyme d’épanouissement pour ceux qui en bénéficient. La dépendance et l’indifférence sociale accompagnent trop souvent la fin de vie de nos aînés. Cet enjeu de société est au cœur des débats sur les retraites.

Je considère qu’il est absolument nécessaire de préserver la puissance de notre système de répartition. Il serait inadmissible que le gouvernement contribue ainsi à l’appauvrissement des retraités en les enfermant dans un « minimum vieillesse » de quelques centaines d’euros par mois.

A l’évidence, le gouvernement souhaite passer en force, cet été, en pleine Coupe du Monde, quand les esprits sont tournés vers de légitimes aspirations aux vacances et à la détente. Il veut prendre de vitesse les organisations syndicales, en leur posant des ultimatums, alors que cette réforme impose de prendre du temps. Il s’appuie sur les analyses justes du Conseil d’orientation des retraites (COR), concluant à la nécessité d’un allongement de la durée des cotisations, sans pour autant faire le pari d’une sortie par le haut en explorant des pistes moins statistiques. La politique s’anoblit à trouver des alternatives ailleurs que dans les seules et trop froides conclusions des études.

Il est temps de renoncer clairement et franchement au bouclier fiscal. En période de crise, les riches seraient-ils si arcboutés sur leurs privilèges ? Ont-ils réellement besoin des chèques de milliers d’euros que leur signe l’administration fiscale ?

Les réponses au défi des retraites ne manquent pas : élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée, cotisations sur les stocks options et autres rémunérations non assujetties, disparition des privilèges fiscaux dont le chantier, souvent annoncé par le gouvernement, n’entre jamais dans une phase concrète…

Il ne faudra pas céder sur un nombre de principes. Le plus emblématique est le maintien des 60 ans, tout en offrant la possibilité de travailler plus à ceux qui le souhaitent. L’allongement de la durée de cotisation peut être une solution mais elle doit rester homéopathique et ne pas atteindre les sommets (63 ans, 67 ans !) entrevus dans certains pays peu soucieux du bien-être de leurs concitoyens. Enfin, comment ne pas mettre en place des mesures robustes pour favoriser l’emploi des séniors en encourageant le temps partiel en fin de carrière et en rendant obligatoire la formation professionnelle pour les plus de 45 ans, comme cela se pratique dans certains pays scandinaves. Les pistes sont nombreuses et il faut les explorer.

Les prochains jours, les progressistes devront être vigilants pour éviter que cette réforme nécessaire renforce une injustice sociale dont la droite est un actif propagateur.

Fier d’être de gauche !

Mardi 23 mars 2010

Je me réjouis de la victoire de Michel Vauzelle aux élections régionales, à la tête d’une liste rassemblant la gauche et les écologistes. Ce troisième succès d’affilée confirme qu’il a su faire du Conseil régional Paca un laboratoire d’idées pour une gauche soucieuse de justice sociale et porteuse de valeurs démocratiques essentielles.

Dès aujourd’hui, le Parti socialiste est confronté à un grand défi, celui de préparer l’alternance de 2012 pour fermer la parenthèse douloureuse du sarkozysme. En ma qualité de premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, je mettrai tout en œuvre pour que nos idées s’imposent sur le plan national comme elles ont pu séduire un large électorat à l’occasion des régionales.

Cette volonté passe par un travail de fond, par le recensement des priorités des Français pour apporter des réponses claires à leurs problèmes, dans un contexte marqué par la crise et ses dégâts collatéraux en matière sociale. Le bon bilan des Régions de gauche et les succès de dimanche doivent nous pousser à généraliser des dispositifs efficaces.

Plus que jamais, notre pays a besoin d’une gauche apaisée, rassemblée, désireuse de construire un avenir solidaire autour des valeurs qui rassemblent toutes ses sensibilités.

Plus que jamais, l’unité, le respect dans la diversité doivent s’imposer comme le moteur qui mènera le candidat de la gauche vers la victoire en 2012.

Ce 21 mars, nous avons vécu un événement politique majeur. La droite a beau prétexter que son mauvais score est lié à la violence de la crise, elle prend peu à peu conscience que la politique qu’elle met en œuvre depuis 2007 ne répond plus aux attentes des Français. Les remaniements gouvernementaux n’y changeront rien : la France a exprimé le souhait d’une nouvelle perspective politique… Elle ne veut plus d’une présidence autoritaire, murée dans ses certitudes. Elle ne veut plus payer les pots cassés de la crise alors que les forces de l’argent, utiles, certes, au bon fonctionnement du pays, ont tendance à se régénérer plus vite en oubliant les efforts importants fournis par la solidarité nationale pour les maintenir à flot lors de la crise financière. Les Français veulent travailler utilement au redressement du pays mais dans un cadre juste où la production des efforts serait harmonieusement répartie.

La progression du Front national montre que le sarkozysme a échoué en lançant un débat sans distance sur l’identité nationale. Notre pays n’a aucun intérêt à se diviser en favorisant l’éclosion d’un Front national synonyme de régression des valeurs démocratiques.

Les Français ont condamné une politique de la posture, de la parole, où les engagements supposément vertueux n’entrent jamais en écho avec la vraie vie des gens. Cette victoire aux régionales nous place face à une lourde responsabilité : la gauche, dans son ensemble, est attendue au tournant pour proposer un projet de société mobilisateur. Nous ne devrons pas décevoir cette impatience.

Sécurité, les Français ne sont pas dupes

Jeudi 11 février 2010

Le débat sur l’identité nationale a été enterré sans beaucoup de ménagement par le Premier ministre, avec à ses côtés un Eric Besson qui avait du mal à cacher son dépit.

Le grand colloque final annoncé il y a quelques semaines par le Président de la République, s’est finalement transformé en un séminaire gouvernemental sans éclat qui a accouché de mesurettes symboliques autour du drapeau français et de la Marseillaise.

Il faut dire que ce débat, engagé sur des bases favorisant tous les déballages et stigmatisations, visait trop ouvertement la séduction de l’électorat du Front National à l’orée des élections régionales pour pouvoir tromper les Français.

Le stratagème de l’identité nationale n’ayant pas fonctionné, la droite en revient à l’un de ses fondamentaux en période électorale, en présentant au parlement une énième loi fourre-tout sur la sécurité, destinée à faire du Président de République et de son ministre de l’Intérieur les protecteurs des Français alors que la Gauche représenterait le laxisme en la matière.

Mais la ficelle commence à devenir usée à force d’avoir trop servi.

Les gouvernements de droite semblent oublier leurs erreurs sur la sécurité depuis 2002, et ce, malgré une multitude de lois votées sous les différents ministres de l’Intérieur et notamment le plus connu d’entre eux, Nicolas Sarkozy.

Et ce n’est pas ce nouveau projet de loi sans surprise présenté fort opportunément par Brice Hortefeux, alors qu’il végétait depuis un an dans les tiroirs de l’Assemblée Nationale, qui fera oublier aux Français le bilan médiocre de la droite, à un moment, où le niveau des agressions physiques ne cesse de progresser alors que les effectifs de la police ne cessent de diminuer.

Le système bancaire est-il plus important que l’avenir de la planète ?

Mardi 22 décembre 2009

Disons-le franchement : au-delà de l’échec de Copenhague, ce sont les conditions de son déroulement qui ont heurté. Longtemps, on a cru que les discussions byzantines n’étaient réservées qu’aux grandes messes altermondialistes, où chaque virgule est le fruit d’un inextricable dosage diplomatique. Les altermondialistes ne sont plus seuls.

L’impératif de sauver la planète a été relégué au second plan à la conférence de Copenhague, les grands Etats se retranchant derrière de tout petits calculs à très court terme. Il fallait donner une vision claire, solidement ancrée dans un calendrier, de la réponse de la planète à une menace de réchauffement climatique unanimement identifiée. Rien de cela, qu’un simple communiqué aux airs d’exercice de style. Pas même une photo officielle, histoire de sauver les apparences…

Visiblement, les grands de ce monde savent agir avec plus de célérité lorsqu’il s’agit de sauver les banques et un système économique menacé d’implosion. La piètre image offerte à Copenhague est révélatrice d’une hiérarchie des valeurs à repenser.

Certains citoyens du monde éprouvent déjà dans le quotidien la souffrance du réchauffement climatique. Certaines îles s’apprêtent à disparaître après le naufrage de Copenhague. L’égoïsme des Etats a, une nouvelle fois, démontré qu’aucune menace sérieuse ne peut remettre en cause les certitudes butées. Aux citoyens, aux collectivités locales, d’agir pour pallier l’inconscience de certains.

Perquisitions à MPM : que la justice fasse son travail

Jeudi 3 décembre 2009

Dans le cadre d’une enquête dont le cadre dépasse largement notre collectivité, une perquisition a eu lieu il y a quelques jours dans les locaux de Marseille Provence Métropole.

Il est normal que la justice fasse son travail et s’informe sur la transparence de passation des marchés publics de manière à lever des doutes éventuels, s’ils existent.

Devant une telle situation, un Président de collectivité doit garder une attitude responsable et sereine. C’est l’état d’esprit qui m’anime devant un déchaînement médiatique qui correspond à une période électorale propre à échauffer les esprits.

Ordures ménagères, une décision d’intérêt général

Mardi 10 novembre 2009

Chers amis internautes,

Ce lundi 9 novembre, j’ai été amené à me prononcer sur le conflit des éboueurs qui a frappé Marseille pendant six jours. Je vous propose la lecture de mon discours pronconcé devant le conseil communautaire.

“Je ne voudrais pas commencer cette Assemblée sans évoquer le récent conflit de la collecte des déchets à Marseille où pendant six jours, nos centres de transfert ont été bloqués par les salariés en grève d’une société privée qui avait perdu un appel d’offres.

Rapidement, la situation de notre Ville est devenue préoccupante.

L’amas de poubelles sur la voie publique commençait à poser des problèmes de sécurité liés à des incendies partiels et d ’hygiène publique à la veille de la rentrée des classes.

Le niveau de dépôts d’immondices posait des problèmes à l’ensemble des commerces, notamment les restaurants dont certains allaient être forcés de cesser provisoirement leur activité.

Certains dépôts débordant sur les voies de bus et de tramways commençaient à générer des contraintes pour les transports en commun.

De plus, largement diffusées en boucle sur les médias nationaux et locaux, relayées par la presse écrite, les images spectaculaires des amoncellements de déchets ménagers dans nos rues ternissaient une fois de plus, l’image de notre Ville.

Nous étions donc face à une situation d’urgence devant laquelle, je me devais, avec mes services, d’apporter des réponses susceptibles de déboucher sur une solution rapide.

Mon devoir de Responsable, était en effet de prendre en compte, la détresse de beaucoup de Marseillais, Plan de Cuquois et Allaudiens, et de parvenir au règlement de cette crise.

La volonté de nos concitoyens est de vivre dans une ville où l’on respire, où l’hygiène publique est respectée et où les rues sont correctement nettoyées.

Depuis plus de 18 mois maintenant nous nous sommes efforcés d’améliorer la propreté de notre ville.

Le combat a été long et difficile et nous avions commencé à obtenir des résultats probants.

Je ne pouvais pas laisser remettre ce travail en cause, et repartir dans une spirale d’échec.

J’ai donc reçu personnellement les grévistes et leur ai donné des garanties sur leur reprise par les sociétés privées : sans succès !

Un référé d’expulsion d’heure en heure a été lancé : rejeté par le Tribunal administratif !

Le constat était alors celui d’un conflit qui s’enlisait et prenait en otage l’ensemble des marseillais.

Dès lors, en termes de décision, deux solutions s’offraient à moi :

Premièrement, entamer le bras de fer :

Cela supposait refaire un référé d’expulsion avec 2 à 3 jours de délai de réponse et, en cas, de succès, attendre que la force publique mette en œuvre tous les moyens pour faire lever les barrages : à n’en pas douter, il aurait fallu quelques jours de plus, et, encore sans garantie certaine (en 2003, après onze jours de conflit, la force publique n’était toujours pas intervenue)

Deuxièmement, prendre une décision qui aurait pour effet immédiat de lever les barrages et mettre fin au conflit tout en préservant des solutions d’avenir, capables de faire en sorte qu’il ne soit plus possible , qu’à chaque changement de marché, le cœur de Marseille soit à nouveau défiguré et que la propreté ne soit pas à nouveau un moyen de pression .

Voilà pourquoi, devant l’urgence de la situation, dans l’intérêt du public et dans l’intérêt général, j’ai décidé de déclarer sans suite, l’ensemble des appels d’offres en cours, pour les marchés privés de collecte et de propreté, comme m’y autorise légalement l’article 59 alinéa 3 du Code des marchés publics, je le cite :

« A tous moments, la procédure peut être déclarée sans suite, pour des motifs d’intérêt général. Les candidats en sont informés. »

Bien sûr, en prenant cette décision, je savais que je me heurterai à deux critiques majeures :

La première était d’être accusé de reculer devant le chantage des grévistes ;

. J’assume cette décision.

Parfois le courage est de savoir mettre son image au second plan dès lors que l’intérêt général est en jeu, Si comme dans certains quartiers, notamment du Centre ville, côté Canebière, le niveau des immondices atteignait la taille critique d’une véritable décharge publique.

Est - ce que parce que certaines populations n’ont pas la chance de se loger ailleurs, qu’il fallait les laisser dans cette situation ?

Je pose la question !

. Parfois le courage en politique, c’est d’accepter la critique immédiate, même très dure, voire l’impopularité passagère, si l’on a la conviction qu’au final, le résultat de la décision prise est bénéfique pour nos concitoyens.

.Demandons aux mères de familles inquiètes de l’état de la Ville à la veille de la rentrée des classes ?

.Demandons aux commerçants dont le Chiffre d’affaires baissait chaque jour ?

.Demandons à la population de Noailles où un tractopelle a travaillé plus de cinq heures pour dégager seulement la place du Marché ?

. Devais-je laisser cette grève perdurer une semaine à dix jours de plus sans trouver de solutions ?

. Et puis, je ne suis pas naïf, les mêmes qui m’encourageaient à faire un bras de fer auraient été les premiers à me clouer au pilori, au bout de ce délai.

La deuxième critique, à laquelle je m’attendais aussi, est d’avoir déclaré sans suite les marchés de collecte et de propreté après que la commission d’appel d’offres se soit prononcée.

Certains élus, dans leur déclaration, ont été jusqu’ à parler de déni de démocratie . Je leur laisse la responsabilité de leurs propos.

Tout d’abord, comme je l’ai déjà indiqué précédemment, cette procédure est parfaitement légale et se produit parfois dans des Collectivités .De très nombreuses jurisprudences du Conseil d’Etat en font foi.

Ensuite, il ne s’agissait en aucune façon, de déjuger une commission d’appel d’offres qui avait fait , son travail,  correctement et que je respecte d’ailleurs les sociétés lauréates des marchés avaient été prévenues par écrit ce qui prouve que le processus administratif se poursuivait normalement mais au contraire, il s’agissait devant la tournure des événements, le rejet du référé et l’enlisement du conflit,  de régler dans l’urgence une situation de crise en prenant une décision rendue nécessaire au titre de l’intérêt général .

Et comme il n’était pas question d’annuler un seul marché, j’ai préféré au titre de l’équité entre toutes les sociétés soumissionnaires, déclarer sans suite l’ensemble des marchés.

Si j’ai choisi d’agir ainsi, c’est bien sur pour faire lever immédiatement les barrages, mais aussi pour pouvoir me donner le recul nécessaire, pour envisager deux solutions d’avenir, qui devraient permettre de ne plus jamais vivre une telle situation.

Première solution :

Remettre les sociétés privées dans leurs arrondissements précédents et passer une nouvelle délibération et un nouveau marché dans un délai de 4 à 6 mois après la fin des marchés actuels.

Je ne suis pas certain, vu ce qui s’est passé ces derniers jours, que cette solution nous donne toutes les garanties nécessaires de ne pas assister à une récidive.

Deuxième solution :

Puisque la procédure portant sur l’ensemble des marchés privés a été déclarée sans suite et que cette décision nous en donne la possibilité, mettre en régie publique l’ensemble des arrondissements de Marseille.

Ceci peut se faire à deux conditions :

. Premièrement la reprise en Régie publique de l’ensemble des personnels des sociétés privées qui seront alors invités à rejoindre les équipes de MPM.

.Deuxièmement que le coût économique de la Régie soit inférieur ou égal à celui du privé.

Les premiers éléments de chiffrage en ma possession, m’amènent aujourd’hui à penser, qu’à moyens humains et matériels égaux, le coût du public devrait être inférieur.

Je le dis clairement, c’est la solution que je privilégie et que j’envisage de proposer à l’Assemblée dès que les études économiques et sociales seront finalisées.

Si ce cas de figure est retenu, nous procèderons par avenant pour les marchés privés dans les mois à venir et nous nous rapprocherons de l’ensemble des partenaires sociaux pour négocier l’ensemble du dispositif.

Le secteur public a prouvé qu’il pouvait être aussi performant que le secteur privé en matière de collecte et de nettoiement.

Les agents de MPM ont d’ailleurs prouvé tout au long de ce conflit, leur motivation et leur sens du service et du devoir.

Qu’ils soient chauffeurs, rippeurs , cantonnières , cantonniers , agents de maîtrise ou cadres, chacun d’entre nous a pu constater leur dévouement et leur mobilisation pour réduire, autant que faire se pouvait, les effets des nuisances et éviter que nos rues soient complètement envahies par des déchets épars .

Certains même, qui collectaient de nuit, avec les quelque bennes encore vides, ont eu le courage de faire face à des menaces physiques.

Je voudrai également saluer le personnel des sociétés privées qui ont joué le même rôle dans des conditions difficiles.

Je tiens également à remercier les marseillaises et les marseillais, qui non seulement ont subi des nuisances liées à la grève mais qui ont fait preuve de discipline et de solidarité en gardant le plus longtemps possible , leur sac poubelle chez eux , pour ne pas rajouter à l’insalubrité de nos rues .

Je tiens aussi à remercier :

Monsieur le Maire de Marseille pour son soutien pendant ces journées difficiles ;

Monsieur le Président du Conseil Général pour son appui sans faille ;

Pour tous deux, seul a compté dans cette crise, l’intérêt des marseillaises et des marseillais.

Mes remerciements vont également à Monsieur le Préfet de Région et Monsieur le Préfet de Police qui nous ont permis d’aller vider un grand convoi de bennes à Entressens sous protection policière , pour que nous puissions ensuite , au plus fort de la grève, les envoyer collecter dans les endroits prioritaires de Marseille, et  éviter ainsi que la situation ne soit encore aggravée .

Voilà Mesdames et Messieurs les conseillers ce que j’avais à déclarer en préambule. Je vous remercie de votre attention”.