Archive pour la catégorie ‘Politique’

Une autre gestion des retraites est possible

Mardi 18 mai 2010

Aujourd’hui, les enfants qui naissent vivront certainement au-delà de 80 ans. C’est le résultat d’une politique familiale conquérante que la gauche a souvent structurée, au contraire d’une droite si prompte à fustiger l’assistanat là où les politiques publiques s’appuient au contraire sur les ressorts audacieux de la solidarité.

Mais ce gain permanent sur l’espérance de vie n’est pas toujours synonyme d’épanouissement pour ceux qui en bénéficient. La dépendance et l’indifférence sociale accompagnent trop souvent la fin de vie de nos aînés. Cet enjeu de société est au cœur des débats sur les retraites.

Je considère qu’il est absolument nécessaire de préserver la puissance de notre système de répartition. Il serait inadmissible que le gouvernement contribue ainsi à l’appauvrissement des retraités en les enfermant dans un « minimum vieillesse » de quelques centaines d’euros par mois.

A l’évidence, le gouvernement souhaite passer en force, cet été, en pleine Coupe du Monde, quand les esprits sont tournés vers de légitimes aspirations aux vacances et à la détente. Il veut prendre de vitesse les organisations syndicales, en leur posant des ultimatums, alors que cette réforme impose de prendre du temps. Il s’appuie sur les analyses justes du Conseil d’orientation des retraites (COR), concluant à la nécessité d’un allongement de la durée des cotisations, sans pour autant faire le pari d’une sortie par le haut en explorant des pistes moins statistiques. La politique s’anoblit à trouver des alternatives ailleurs que dans les seules et trop froides conclusions des études.

Il est temps de renoncer clairement et franchement au bouclier fiscal. En période de crise, les riches seraient-ils si arcboutés sur leurs privilèges ? Ont-ils réellement besoin des chèques de milliers d’euros que leur signe l’administration fiscale ?

Les réponses au défi des retraites ne manquent pas : élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée, cotisations sur les stocks options et autres rémunérations non assujetties, disparition des privilèges fiscaux dont le chantier, souvent annoncé par le gouvernement, n’entre jamais dans une phase concrète…

Il ne faudra pas céder sur un nombre de principes. Le plus emblématique est le maintien des 60 ans, tout en offrant la possibilité de travailler plus à ceux qui le souhaitent. L’allongement de la durée de cotisation peut être une solution mais elle doit rester homéopathique et ne pas atteindre les sommets (63 ans, 67 ans !) entrevus dans certains pays peu soucieux du bien-être de leurs concitoyens. Enfin, comment ne pas mettre en place des mesures robustes pour favoriser l’emploi des séniors en encourageant le temps partiel en fin de carrière et en rendant obligatoire la formation professionnelle pour les plus de 45 ans, comme cela se pratique dans certains pays scandinaves. Les pistes sont nombreuses et il faut les explorer.

Les prochains jours, les progressistes devront être vigilants pour éviter que cette réforme nécessaire renforce une injustice sociale dont la droite est un actif propagateur.

Fier d’être de gauche !

Mardi 23 mars 2010

Je me réjouis de la victoire de Michel Vauzelle aux élections régionales, à la tête d’une liste rassemblant la gauche et les écologistes. Ce troisième succès d’affilée confirme qu’il a su faire du Conseil régional Paca un laboratoire d’idées pour une gauche soucieuse de justice sociale et porteuse de valeurs démocratiques essentielles.

Dès aujourd’hui, le Parti socialiste est confronté à un grand défi, celui de préparer l’alternance de 2012 pour fermer la parenthèse douloureuse du sarkozysme. En ma qualité de premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, je mettrai tout en œuvre pour que nos idées s’imposent sur le plan national comme elles ont pu séduire un large électorat à l’occasion des régionales.

Cette volonté passe par un travail de fond, par le recensement des priorités des Français pour apporter des réponses claires à leurs problèmes, dans un contexte marqué par la crise et ses dégâts collatéraux en matière sociale. Le bon bilan des Régions de gauche et les succès de dimanche doivent nous pousser à généraliser des dispositifs efficaces.

Plus que jamais, notre pays a besoin d’une gauche apaisée, rassemblée, désireuse de construire un avenir solidaire autour des valeurs qui rassemblent toutes ses sensibilités.

Plus que jamais, l’unité, le respect dans la diversité doivent s’imposer comme le moteur qui mènera le candidat de la gauche vers la victoire en 2012.

Ce 21 mars, nous avons vécu un événement politique majeur. La droite a beau prétexter que son mauvais score est lié à la violence de la crise, elle prend peu à peu conscience que la politique qu’elle met en œuvre depuis 2007 ne répond plus aux attentes des Français. Les remaniements gouvernementaux n’y changeront rien : la France a exprimé le souhait d’une nouvelle perspective politique… Elle ne veut plus d’une présidence autoritaire, murée dans ses certitudes. Elle ne veut plus payer les pots cassés de la crise alors que les forces de l’argent, utiles, certes, au bon fonctionnement du pays, ont tendance à se régénérer plus vite en oubliant les efforts importants fournis par la solidarité nationale pour les maintenir à flot lors de la crise financière. Les Français veulent travailler utilement au redressement du pays mais dans un cadre juste où la production des efforts serait harmonieusement répartie.

La progression du Front national montre que le sarkozysme a échoué en lançant un débat sans distance sur l’identité nationale. Notre pays n’a aucun intérêt à se diviser en favorisant l’éclosion d’un Front national synonyme de régression des valeurs démocratiques.

Les Français ont condamné une politique de la posture, de la parole, où les engagements supposément vertueux n’entrent jamais en écho avec la vraie vie des gens. Cette victoire aux régionales nous place face à une lourde responsabilité : la gauche, dans son ensemble, est attendue au tournant pour proposer un projet de société mobilisateur. Nous ne devrons pas décevoir cette impatience.

Sécurité, les Français ne sont pas dupes

Jeudi 11 février 2010

Le débat sur l’identité nationale a été enterré sans beaucoup de ménagement par le Premier ministre, avec à ses côtés un Eric Besson qui avait du mal à cacher son dépit.

Le grand colloque final annoncé il y a quelques semaines par le Président de la République, s’est finalement transformé en un séminaire gouvernemental sans éclat qui a accouché de mesurettes symboliques autour du drapeau français et de la Marseillaise.

Il faut dire que ce débat, engagé sur des bases favorisant tous les déballages et stigmatisations, visait trop ouvertement la séduction de l’électorat du Front National à l’orée des élections régionales pour pouvoir tromper les Français.

Le stratagème de l’identité nationale n’ayant pas fonctionné, la droite en revient à l’un de ses fondamentaux en période électorale, en présentant au parlement une énième loi fourre-tout sur la sécurité, destinée à faire du Président de République et de son ministre de l’Intérieur les protecteurs des Français alors que la Gauche représenterait le laxisme en la matière.

Mais la ficelle commence à devenir usée à force d’avoir trop servi.

Les gouvernements de droite semblent oublier leurs erreurs sur la sécurité depuis 2002, et ce, malgré une multitude de lois votées sous les différents ministres de l’Intérieur et notamment le plus connu d’entre eux, Nicolas Sarkozy.

Et ce n’est pas ce nouveau projet de loi sans surprise présenté fort opportunément par Brice Hortefeux, alors qu’il végétait depuis un an dans les tiroirs de l’Assemblée Nationale, qui fera oublier aux Français le bilan médiocre de la droite, à un moment, où le niveau des agressions physiques ne cesse de progresser alors que les effectifs de la police ne cessent de diminuer.

Le système bancaire est-il plus important que l’avenir de la planète ?

Mardi 22 décembre 2009

Disons-le franchement : au-delà de l’échec de Copenhague, ce sont les conditions de son déroulement qui ont heurté. Longtemps, on a cru que les discussions byzantines n’étaient réservées qu’aux grandes messes altermondialistes, où chaque virgule est le fruit d’un inextricable dosage diplomatique. Les altermondialistes ne sont plus seuls.

L’impératif de sauver la planète a été relégué au second plan à la conférence de Copenhague, les grands Etats se retranchant derrière de tout petits calculs à très court terme. Il fallait donner une vision claire, solidement ancrée dans un calendrier, de la réponse de la planète à une menace de réchauffement climatique unanimement identifiée. Rien de cela, qu’un simple communiqué aux airs d’exercice de style. Pas même une photo officielle, histoire de sauver les apparences…

Visiblement, les grands de ce monde savent agir avec plus de célérité lorsqu’il s’agit de sauver les banques et un système économique menacé d’implosion. La piètre image offerte à Copenhague est révélatrice d’une hiérarchie des valeurs à repenser.

Certains citoyens du monde éprouvent déjà dans le quotidien la souffrance du réchauffement climatique. Certaines îles s’apprêtent à disparaître après le naufrage de Copenhague. L’égoïsme des Etats a, une nouvelle fois, démontré qu’aucune menace sérieuse ne peut remettre en cause les certitudes butées. Aux citoyens, aux collectivités locales, d’agir pour pallier l’inconscience de certains.

Perquisitions à MPM : que la justice fasse son travail

Jeudi 3 décembre 2009

Dans le cadre d’une enquête dont le cadre dépasse largement notre collectivité, une perquisition a eu lieu il y a quelques jours dans les locaux de Marseille Provence Métropole.

Il est normal que la justice fasse son travail et s’informe sur la transparence de passation des marchés publics de manière à lever des doutes éventuels, s’ils existent.

Devant une telle situation, un Président de collectivité doit garder une attitude responsable et sereine. C’est l’état d’esprit qui m’anime devant un déchaînement médiatique qui correspond à une période électorale propre à échauffer les esprits.

Ordures ménagères, une décision d’intérêt général

Mardi 10 novembre 2009

Chers amis internautes,

Ce lundi 9 novembre, j’ai été amené à me prononcer sur le conflit des éboueurs qui a frappé Marseille pendant six jours. Je vous propose la lecture de mon discours pronconcé devant le conseil communautaire.

“Je ne voudrais pas commencer cette Assemblée sans évoquer le récent conflit de la collecte des déchets à Marseille où pendant six jours, nos centres de transfert ont été bloqués par les salariés en grève d’une société privée qui avait perdu un appel d’offres.

Rapidement, la situation de notre Ville est devenue préoccupante.

L’amas de poubelles sur la voie publique commençait à poser des problèmes de sécurité liés à des incendies partiels et d ’hygiène publique à la veille de la rentrée des classes.

Le niveau de dépôts d’immondices posait des problèmes à l’ensemble des commerces, notamment les restaurants dont certains allaient être forcés de cesser provisoirement leur activité.

Certains dépôts débordant sur les voies de bus et de tramways commençaient à générer des contraintes pour les transports en commun.

De plus, largement diffusées en boucle sur les médias nationaux et locaux, relayées par la presse écrite, les images spectaculaires des amoncellements de déchets ménagers dans nos rues ternissaient une fois de plus, l’image de notre Ville.

Nous étions donc face à une situation d’urgence devant laquelle, je me devais, avec mes services, d’apporter des réponses susceptibles de déboucher sur une solution rapide.

Mon devoir de Responsable, était en effet de prendre en compte, la détresse de beaucoup de Marseillais, Plan de Cuquois et Allaudiens, et de parvenir au règlement de cette crise.

La volonté de nos concitoyens est de vivre dans une ville où l’on respire, où l’hygiène publique est respectée et où les rues sont correctement nettoyées.

Depuis plus de 18 mois maintenant nous nous sommes efforcés d’améliorer la propreté de notre ville.

Le combat a été long et difficile et nous avions commencé à obtenir des résultats probants.

Je ne pouvais pas laisser remettre ce travail en cause, et repartir dans une spirale d’échec.

J’ai donc reçu personnellement les grévistes et leur ai donné des garanties sur leur reprise par les sociétés privées : sans succès !

Un référé d’expulsion d’heure en heure a été lancé : rejeté par le Tribunal administratif !

Le constat était alors celui d’un conflit qui s’enlisait et prenait en otage l’ensemble des marseillais.

Dès lors, en termes de décision, deux solutions s’offraient à moi :

Premièrement, entamer le bras de fer :

Cela supposait refaire un référé d’expulsion avec 2 à 3 jours de délai de réponse et, en cas, de succès, attendre que la force publique mette en œuvre tous les moyens pour faire lever les barrages : à n’en pas douter, il aurait fallu quelques jours de plus, et, encore sans garantie certaine (en 2003, après onze jours de conflit, la force publique n’était toujours pas intervenue)

Deuxièmement, prendre une décision qui aurait pour effet immédiat de lever les barrages et mettre fin au conflit tout en préservant des solutions d’avenir, capables de faire en sorte qu’il ne soit plus possible , qu’à chaque changement de marché, le cœur de Marseille soit à nouveau défiguré et que la propreté ne soit pas à nouveau un moyen de pression .

Voilà pourquoi, devant l’urgence de la situation, dans l’intérêt du public et dans l’intérêt général, j’ai décidé de déclarer sans suite, l’ensemble des appels d’offres en cours, pour les marchés privés de collecte et de propreté, comme m’y autorise légalement l’article 59 alinéa 3 du Code des marchés publics, je le cite :

« A tous moments, la procédure peut être déclarée sans suite, pour des motifs d’intérêt général. Les candidats en sont informés. »

Bien sûr, en prenant cette décision, je savais que je me heurterai à deux critiques majeures :

La première était d’être accusé de reculer devant le chantage des grévistes ;

. J’assume cette décision.

Parfois le courage est de savoir mettre son image au second plan dès lors que l’intérêt général est en jeu, Si comme dans certains quartiers, notamment du Centre ville, côté Canebière, le niveau des immondices atteignait la taille critique d’une véritable décharge publique.

Est - ce que parce que certaines populations n’ont pas la chance de se loger ailleurs, qu’il fallait les laisser dans cette situation ?

Je pose la question !

. Parfois le courage en politique, c’est d’accepter la critique immédiate, même très dure, voire l’impopularité passagère, si l’on a la conviction qu’au final, le résultat de la décision prise est bénéfique pour nos concitoyens.

.Demandons aux mères de familles inquiètes de l’état de la Ville à la veille de la rentrée des classes ?

.Demandons aux commerçants dont le Chiffre d’affaires baissait chaque jour ?

.Demandons à la population de Noailles où un tractopelle a travaillé plus de cinq heures pour dégager seulement la place du Marché ?

. Devais-je laisser cette grève perdurer une semaine à dix jours de plus sans trouver de solutions ?

. Et puis, je ne suis pas naïf, les mêmes qui m’encourageaient à faire un bras de fer auraient été les premiers à me clouer au pilori, au bout de ce délai.

La deuxième critique, à laquelle je m’attendais aussi, est d’avoir déclaré sans suite les marchés de collecte et de propreté après que la commission d’appel d’offres se soit prononcée.

Certains élus, dans leur déclaration, ont été jusqu’ à parler de déni de démocratie . Je leur laisse la responsabilité de leurs propos.

Tout d’abord, comme je l’ai déjà indiqué précédemment, cette procédure est parfaitement légale et se produit parfois dans des Collectivités .De très nombreuses jurisprudences du Conseil d’Etat en font foi.

Ensuite, il ne s’agissait en aucune façon, de déjuger une commission d’appel d’offres qui avait fait , son travail,  correctement et que je respecte d’ailleurs les sociétés lauréates des marchés avaient été prévenues par écrit ce qui prouve que le processus administratif se poursuivait normalement mais au contraire, il s’agissait devant la tournure des événements, le rejet du référé et l’enlisement du conflit,  de régler dans l’urgence une situation de crise en prenant une décision rendue nécessaire au titre de l’intérêt général .

Et comme il n’était pas question d’annuler un seul marché, j’ai préféré au titre de l’équité entre toutes les sociétés soumissionnaires, déclarer sans suite l’ensemble des marchés.

Si j’ai choisi d’agir ainsi, c’est bien sur pour faire lever immédiatement les barrages, mais aussi pour pouvoir me donner le recul nécessaire, pour envisager deux solutions d’avenir, qui devraient permettre de ne plus jamais vivre une telle situation.

Première solution :

Remettre les sociétés privées dans leurs arrondissements précédents et passer une nouvelle délibération et un nouveau marché dans un délai de 4 à 6 mois après la fin des marchés actuels.

Je ne suis pas certain, vu ce qui s’est passé ces derniers jours, que cette solution nous donne toutes les garanties nécessaires de ne pas assister à une récidive.

Deuxième solution :

Puisque la procédure portant sur l’ensemble des marchés privés a été déclarée sans suite et que cette décision nous en donne la possibilité, mettre en régie publique l’ensemble des arrondissements de Marseille.

Ceci peut se faire à deux conditions :

. Premièrement la reprise en Régie publique de l’ensemble des personnels des sociétés privées qui seront alors invités à rejoindre les équipes de MPM.

.Deuxièmement que le coût économique de la Régie soit inférieur ou égal à celui du privé.

Les premiers éléments de chiffrage en ma possession, m’amènent aujourd’hui à penser, qu’à moyens humains et matériels égaux, le coût du public devrait être inférieur.

Je le dis clairement, c’est la solution que je privilégie et que j’envisage de proposer à l’Assemblée dès que les études économiques et sociales seront finalisées.

Si ce cas de figure est retenu, nous procèderons par avenant pour les marchés privés dans les mois à venir et nous nous rapprocherons de l’ensemble des partenaires sociaux pour négocier l’ensemble du dispositif.

Le secteur public a prouvé qu’il pouvait être aussi performant que le secteur privé en matière de collecte et de nettoiement.

Les agents de MPM ont d’ailleurs prouvé tout au long de ce conflit, leur motivation et leur sens du service et du devoir.

Qu’ils soient chauffeurs, rippeurs , cantonnières , cantonniers , agents de maîtrise ou cadres, chacun d’entre nous a pu constater leur dévouement et leur mobilisation pour réduire, autant que faire se pouvait, les effets des nuisances et éviter que nos rues soient complètement envahies par des déchets épars .

Certains même, qui collectaient de nuit, avec les quelque bennes encore vides, ont eu le courage de faire face à des menaces physiques.

Je voudrai également saluer le personnel des sociétés privées qui ont joué le même rôle dans des conditions difficiles.

Je tiens également à remercier les marseillaises et les marseillais, qui non seulement ont subi des nuisances liées à la grève mais qui ont fait preuve de discipline et de solidarité en gardant le plus longtemps possible , leur sac poubelle chez eux , pour ne pas rajouter à l’insalubrité de nos rues .

Je tiens aussi à remercier :

Monsieur le Maire de Marseille pour son soutien pendant ces journées difficiles ;

Monsieur le Président du Conseil Général pour son appui sans faille ;

Pour tous deux, seul a compté dans cette crise, l’intérêt des marseillaises et des marseillais.

Mes remerciements vont également à Monsieur le Préfet de Région et Monsieur le Préfet de Police qui nous ont permis d’aller vider un grand convoi de bennes à Entressens sous protection policière , pour que nous puissions ensuite , au plus fort de la grève, les envoyer collecter dans les endroits prioritaires de Marseille, et  éviter ainsi que la situation ne soit encore aggravée .

Voilà Mesdames et Messieurs les conseillers ce que j’avais à déclarer en préambule. Je vous remercie de votre attention”.

Il faut sauver la Poste !

Lundi 2 novembre 2009

Dès aujourd’hui, le Sénat va examiner le projet de loi relatif à La Poste. Depuis que Nicolas Sarkozy a décidé de remettre en cause ce service public essentiel, une sourde colère s’est levée dans le pays. Nos concitoyens ont eu l’occasion de manifester leur attachement à La Poste, notamment à travers la votation citoyenne. 90 % des 2,3 millions de votants se sont prononcés contre un changement de statut.

Au-delà de ce vote, il faut espérer que le gouvernement a bien saisi la nature du message : les Français n’acceptent pas la remise en cause systématique des services publics. La Poste, mais aussi l’Education nationale ou encore l’autonomie des collectivités locales sont dans son viseur de Nicolas Sarkozy.

A partir de ce jour, tous les partis de gauche seront mobilisés au Sénat pour sauver le plus ancien de nos services publics. Avec ses 17 000 points de contact, La Poste est emblématique de la diversité de nos territoires et contribue à réduire les inégalités de services publics dans les zones les plus isolées. Au-delà même du métier postal, il s’agit bien de garder le cap d’une politique d’aménagement du territoire soucieuse de la cohésion sociale.

Le combat portera dans un premier temps sur le premier article du projet de loi, qui vise à transformer La Poste en société anonyme, ouvrant ainsi la voie à une privatisation rampante. Certes, l’UMP assure que cette hypothèse relève du fantasme. Pourtant, en 2007, sur le dossier Gaz de France, Nicolas Sarkozy avait juré ses grands dieux que GDF resterait public jusqu’au bout de ses brûleurs. On connaît la suite…

Contrairement à ce que le gouvernement affirm, aucune directive européenne n’impose une telle évolution. De plus, le projet du gouvernement ne porte aucune perspective de développement de l’entreprise. Les missions de service public seront-elles maintenues ? La Banque Postale prendra-t-elle soin d’être toujours à l’écoute de tous les Français, notamment des plus démunis qui peuvent y ouvrir de petits comptes ? Ces craintes sont réelles tant la privatisation a démontré ses failles dans des domaines anciennement publics.

Le rendez-vous raté de la réforme territoriale

Vendredi 23 octobre 2009

Il est normal que la réforme territoriale annoncée par Nicolas Sarkozy suscite la colère des élus de gauche et la gêne mal feinte des élus de droite. Trop de points restent en effet en suspens, alors que cette réorganisation institutionnelle aurait pu donner lieu, dans la continuité du comité Balladur, à des avancées rendant les collectivités locales plus performantes.

Nous espérions une troisième étape de la décentralisation, nous assistons en fait à l’acte I de la recentralisation. Historiquement, la droite n’a jamais été très innovante en matière de décentralisation dont le grand artisan fut Gaston Defferre. Chaque fois qu’elle l’a pu, la droite a rogné les marges de manœuvre des élus locaux, visant notamment les élus PS et ceux de la gauche dans leur ensemble parce qu’ils avaient su démontrer en la matière un véritable savoir-faire.

L’argument de la réduction du nombre des élus fleure bon le populisme : une étude commandée récemment par l’Association des Départements de France (ADF) atteste que le coût global de la fonction politique des pouvoirs locaux représente 1,2 % de leurs charges de fonctionnement, soit 28 millions d’euros pour une dépense publique locale de 220 milliards d’euros. Le passage de 6 000 conseillers généraux et conseillers régionaux à 3 000 conseillers territoriaux, comme le prévoit la loi, représenterait donc une économie de 14 M€, tout juste de quoi construire un équipement culturel dans une ville moyenne. On se fout du monde !, serais-je tenter d’écrire dans la foulée d’Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux, dont les propos sur la réforme sont peu amènes en direction du Président de la République.

La suppression de la taxe professionnelle est tout aussi inquiétante. En déconnectant les ressources fiscales des communautés urbaines et la nécessaire dynamique des territoires, la suppression de la TP va remettre en cause l’action économique des communautés urbaines. Les pertes seront importantes. Et il n’est pas si sûr que les entreprises, qui se réjouissent de la disparition de ce qu’elle considère comme un impôt injuste, soient gagnantes dans l’affaire. En effet, cette décision réduira de fait la capacité d’investissement des communautés urbaines dont pâtiront par ricochet les entreprises. Ce scénario est difficilement acceptable dans la mesure où il ampute nos ressources fiscales et n’offre aucune garantie quant à l’évolution des dotations.

Que deviendra Marseille Provence Métropole dans ce cadre ? Difficile de conceptualiser cet avenir tant l’opacité domine. Le gouvernement voulait clarifier l’organisation territoriale de la France. Il est en train de la noyer dans une complexité encore plus grande.

Pour autant, l’idée de créer huit grande métropoles, dont une autour de Marseille, capable de rayonner sur un espace territorial plus fort économiquement et plus structuré au niveau de l’aménagement, ne doit pas être abandonnée. C’est au législateur de donner à ces métropoles les moyens nécessaires à leur ambition.

Votation citoyenne à La Poste : une vraie réussite démocratique

Mardi 6 octobre 2009

La votation citoyenne visant à sauver l’avenir de ce grand service public qu’est La Poste a été un grand succès populaire, avec plus de deux millions de votants. Je m’en réjouis d’autant plus que les militants du Parti socialiste se sont grandement investis pour rendre possible cette réussite.

Le gouvernement est désormais placé face à sa responsabilité. Il peut faire mine d’ignorer cette interpellation référendaire. Il peut aussi considérer -rêvons un peu- qu’une telle mobilisation révèle une inquiétude forte des Français de voir le dernier grand service public disparaître.

Il est vrai que l’hôte de l’Elysée, qui s’était engagé à ne jamais privatiser EDF et GDF, s’est dédit quelques mois plus tard. Gageons que la mobilisation populaire de ces jours derniers fera réfléchir à deux fois le Président de la République et son gouvernement.

Une véritable révolution culturelle

Mercredi 16 septembre 2009

Au-delà de la polémique relancée par Ségolène Royal qui manifestement n’apprécie guère de voir Martine Aubry prendre la main en s’attaquant aux démons qui ont si souvent décrédibilisé l’action du parti socialiste, à savoir : la division permanente et l’absence de transparence dans les scrutins internes, les choix sur lesquels vont se prononcer les militants le 1er octobre vont être déterminants pour le parti.

Si les choix de primaires ouvertes à tous les électeurs de la gauche, du non cumul que beaucoup veulent assortir d’un vrai statut de l’élu, et des procédures transparentes de vote soumises à une commission présidée par une personnalité à l’éthique incontestable sont entérinés, le Parti socialiste devra ensuite mettre en œuvre un processus de rénovation qui va le transformer en un parti plus ouvert, populaire, moderne et en prise directe avec son temps.

Peu de monde, même à l’intérieur d’un parti prisonnier d’usages liés au passé, ne semble se rendre compte de ce qui apparaîtra très vite comme une révolution culturelle bénéfique pour la démocratie de notre pays.

Néanmoins, la lisibilité de ce processus ne sera jamais complète sans l’adjonction d’un vrai projet de société proposé à ceux qui veulent que les choses changent profondément dans le domaine de la démocratie, de l’éducation, de la santé, du social, de la sécurité et de l’égalité des chances.

Voilà le chantier qui attend les socialistes, mais aussi toutes les forces démocratiques et républicaines qui aspirent à ce changement.