Archive pour la catégorie ‘Parti Socialiste’

Sécurité, les Français ne sont pas dupes

Jeudi 11 février 2010

Le débat sur l’identité nationale a été enterré sans beaucoup de ménagement par le Premier ministre, avec à ses côtés un Eric Besson qui avait du mal à cacher son dépit.

Le grand colloque final annoncé il y a quelques semaines par le Président de la République, s’est finalement transformé en un séminaire gouvernemental sans éclat qui a accouché de mesurettes symboliques autour du drapeau français et de la Marseillaise.

Il faut dire que ce débat, engagé sur des bases favorisant tous les déballages et stigmatisations, visait trop ouvertement la séduction de l’électorat du Front National à l’orée des élections régionales pour pouvoir tromper les Français.

Le stratagème de l’identité nationale n’ayant pas fonctionné, la droite en revient à l’un de ses fondamentaux en période électorale, en présentant au parlement une énième loi fourre-tout sur la sécurité, destinée à faire du Président de République et de son ministre de l’Intérieur les protecteurs des Français alors que la Gauche représenterait le laxisme en la matière.

Mais la ficelle commence à devenir usée à force d’avoir trop servi.

Les gouvernements de droite semblent oublier leurs erreurs sur la sécurité depuis 2002, et ce, malgré une multitude de lois votées sous les différents ministres de l’Intérieur et notamment le plus connu d’entre eux, Nicolas Sarkozy.

Et ce n’est pas ce nouveau projet de loi sans surprise présenté fort opportunément par Brice Hortefeux, alors qu’il végétait depuis un an dans les tiroirs de l’Assemblée Nationale, qui fera oublier aux Français le bilan médiocre de la droite, à un moment, où le niveau des agressions physiques ne cesse de progresser alors que les effectifs de la police ne cessent de diminuer.

Il faut sauver la Poste !

Lundi 2 novembre 2009

Dès aujourd’hui, le Sénat va examiner le projet de loi relatif à La Poste. Depuis que Nicolas Sarkozy a décidé de remettre en cause ce service public essentiel, une sourde colère s’est levée dans le pays. Nos concitoyens ont eu l’occasion de manifester leur attachement à La Poste, notamment à travers la votation citoyenne. 90 % des 2,3 millions de votants se sont prononcés contre un changement de statut.

Au-delà de ce vote, il faut espérer que le gouvernement a bien saisi la nature du message : les Français n’acceptent pas la remise en cause systématique des services publics. La Poste, mais aussi l’Education nationale ou encore l’autonomie des collectivités locales sont dans son viseur de Nicolas Sarkozy.

A partir de ce jour, tous les partis de gauche seront mobilisés au Sénat pour sauver le plus ancien de nos services publics. Avec ses 17 000 points de contact, La Poste est emblématique de la diversité de nos territoires et contribue à réduire les inégalités de services publics dans les zones les plus isolées. Au-delà même du métier postal, il s’agit bien de garder le cap d’une politique d’aménagement du territoire soucieuse de la cohésion sociale.

Le combat portera dans un premier temps sur le premier article du projet de loi, qui vise à transformer La Poste en société anonyme, ouvrant ainsi la voie à une privatisation rampante. Certes, l’UMP assure que cette hypothèse relève du fantasme. Pourtant, en 2007, sur le dossier Gaz de France, Nicolas Sarkozy avait juré ses grands dieux que GDF resterait public jusqu’au bout de ses brûleurs. On connaît la suite…

Contrairement à ce que le gouvernement affirm, aucune directive européenne n’impose une telle évolution. De plus, le projet du gouvernement ne porte aucune perspective de développement de l’entreprise. Les missions de service public seront-elles maintenues ? La Banque Postale prendra-t-elle soin d’être toujours à l’écoute de tous les Français, notamment des plus démunis qui peuvent y ouvrir de petits comptes ? Ces craintes sont réelles tant la privatisation a démontré ses failles dans des domaines anciennement publics.

Le rendez-vous raté de la réforme territoriale

Vendredi 23 octobre 2009

Il est normal que la réforme territoriale annoncée par Nicolas Sarkozy suscite la colère des élus de gauche et la gêne mal feinte des élus de droite. Trop de points restent en effet en suspens, alors que cette réorganisation institutionnelle aurait pu donner lieu, dans la continuité du comité Balladur, à des avancées rendant les collectivités locales plus performantes.

Nous espérions une troisième étape de la décentralisation, nous assistons en fait à l’acte I de la recentralisation. Historiquement, la droite n’a jamais été très innovante en matière de décentralisation dont le grand artisan fut Gaston Defferre. Chaque fois qu’elle l’a pu, la droite a rogné les marges de manœuvre des élus locaux, visant notamment les élus PS et ceux de la gauche dans leur ensemble parce qu’ils avaient su démontrer en la matière un véritable savoir-faire.

L’argument de la réduction du nombre des élus fleure bon le populisme : une étude commandée récemment par l’Association des Départements de France (ADF) atteste que le coût global de la fonction politique des pouvoirs locaux représente 1,2 % de leurs charges de fonctionnement, soit 28 millions d’euros pour une dépense publique locale de 220 milliards d’euros. Le passage de 6 000 conseillers généraux et conseillers régionaux à 3 000 conseillers territoriaux, comme le prévoit la loi, représenterait donc une économie de 14 M€, tout juste de quoi construire un équipement culturel dans une ville moyenne. On se fout du monde !, serais-je tenter d’écrire dans la foulée d’Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux, dont les propos sur la réforme sont peu amènes en direction du Président de la République.

La suppression de la taxe professionnelle est tout aussi inquiétante. En déconnectant les ressources fiscales des communautés urbaines et la nécessaire dynamique des territoires, la suppression de la TP va remettre en cause l’action économique des communautés urbaines. Les pertes seront importantes. Et il n’est pas si sûr que les entreprises, qui se réjouissent de la disparition de ce qu’elle considère comme un impôt injuste, soient gagnantes dans l’affaire. En effet, cette décision réduira de fait la capacité d’investissement des communautés urbaines dont pâtiront par ricochet les entreprises. Ce scénario est difficilement acceptable dans la mesure où il ampute nos ressources fiscales et n’offre aucune garantie quant à l’évolution des dotations.

Que deviendra Marseille Provence Métropole dans ce cadre ? Difficile de conceptualiser cet avenir tant l’opacité domine. Le gouvernement voulait clarifier l’organisation territoriale de la France. Il est en train de la noyer dans une complexité encore plus grande.

Pour autant, l’idée de créer huit grande métropoles, dont une autour de Marseille, capable de rayonner sur un espace territorial plus fort économiquement et plus structuré au niveau de l’aménagement, ne doit pas être abandonnée. C’est au législateur de donner à ces métropoles les moyens nécessaires à leur ambition.

Votation citoyenne à La Poste : une vraie réussite démocratique

Mardi 6 octobre 2009

La votation citoyenne visant à sauver l’avenir de ce grand service public qu’est La Poste a été un grand succès populaire, avec plus de deux millions de votants. Je m’en réjouis d’autant plus que les militants du Parti socialiste se sont grandement investis pour rendre possible cette réussite.

Le gouvernement est désormais placé face à sa responsabilité. Il peut faire mine d’ignorer cette interpellation référendaire. Il peut aussi considérer -rêvons un peu- qu’une telle mobilisation révèle une inquiétude forte des Français de voir le dernier grand service public disparaître.

Il est vrai que l’hôte de l’Elysée, qui s’était engagé à ne jamais privatiser EDF et GDF, s’est dédit quelques mois plus tard. Gageons que la mobilisation populaire de ces jours derniers fera réfléchir à deux fois le Président de la République et son gouvernement.

Une véritable révolution culturelle

Mercredi 16 septembre 2009

Au-delà de la polémique relancée par Ségolène Royal qui manifestement n’apprécie guère de voir Martine Aubry prendre la main en s’attaquant aux démons qui ont si souvent décrédibilisé l’action du parti socialiste, à savoir : la division permanente et l’absence de transparence dans les scrutins internes, les choix sur lesquels vont se prononcer les militants le 1er octobre vont être déterminants pour le parti.

Si les choix de primaires ouvertes à tous les électeurs de la gauche, du non cumul que beaucoup veulent assortir d’un vrai statut de l’élu, et des procédures transparentes de vote soumises à une commission présidée par une personnalité à l’éthique incontestable sont entérinés, le Parti socialiste devra ensuite mettre en œuvre un processus de rénovation qui va le transformer en un parti plus ouvert, populaire, moderne et en prise directe avec son temps.

Peu de monde, même à l’intérieur d’un parti prisonnier d’usages liés au passé, ne semble se rendre compte de ce qui apparaîtra très vite comme une révolution culturelle bénéfique pour la démocratie de notre pays.

Néanmoins, la lisibilité de ce processus ne sera jamais complète sans l’adjonction d’un vrai projet de société proposé à ceux qui veulent que les choses changent profondément dans le domaine de la démocratie, de l’éducation, de la santé, du social, de la sécurité et de l’égalité des chances.

Voilà le chantier qui attend les socialistes, mais aussi toutes les forces démocratiques et républicaines qui aspirent à ce changement.

Une rénovation en actes

Mardi 15 septembre 2009

Chers amis,

Le Parti socialiste est entré dans une phase résolue de rénovation. Ces dernières années, nous avons abusé de ce terme. Aujourd’hui, je suis convaincu que le processus mis en place par Martine Aubry lors du dernier conseil national ira à son terme.

Mon optimisme ne se nourrit pas aux sources d’une quelconque méthode Coué. Car cette rénovation n’est pas seulement une nécessité vitale pour l’avenir du PS. Elle entre en résonance avec les attentes des Français. Selon le sondage de Viavoice paru dans l’édition du 14 septembre de Libération, 58 % des Français jugent négatif le bilan de Nicolas Sarkozy. Les Français sont intelligents : ils ne reprochent pas au Président de la République d’être responsable de la crise. Ils estiment, à juste titre, que son agitation, que l’UMP vante ou vend comme du volontarisme, ne produit pas grand chose à la sortie : aucune parcelle de ciel bleu dans leur quotidien, rien de positif qui laisserait à supposer que l’hyperprésidentialisme va dans la bonne direction.

Cette rentrée voit le retour des bonus, des stock-options alors que le chômage atteint des sommets. Mais, au-delà du contexte international, les promesses de Nicolas Sarkozy ont le goût saumâtre de la désillusion. Souvenez-vous : « Travailler plus pour gagner plus ». Souvenez-vous encore : « le bouclier fiscal » pour plus de justice fiscale. Autant de formules que les militants UMP s’évertuent à mettre sous le boisseau. Toute la réalité du quotidien est loin des engagements pris.

La nouvelle suppression des 13 500 enseignants dans l’Education nationale en est une illustration éloquente. Parmi eux, la disparition des 1 500 enseignants destinés aux élèves les plus en difficulté, ceux que l’on appelle les Rased, caractérise un peu plus encore l’idéologie droitière : saper les fondements de la société, confondre assistanat et aide aux plus démunis, laisser supposer que le social ne sert à rien, qu’il est improductif…

Même tromperie sur la taxe carbone, inadaptée, mal conçue… La préparation du Grenelle de l’Environnement a été saluée par tous, le PS compris. Mais le résultat final montre une nouvelle fois que l’Elysée cultive la mauvaise manie de passer à côté des grands rendez-vous avec l’histoire. Rien n’est fait dans ce nouveau dispositif fiscal pour saluer ceux qui opposent une démarche vertueuse aux risques liés au réchauffement climatique ! De plus, cette nouvelle taxe est injuste sur un plan social.

Tous ces éléments nous poussent à accélérer le mouvement de rénovation du PS. Car il faut se préparer à l’alternance, il faut gommer les erreurs du passé, faire du PS un mouvement collectif, dont l’addition des compétences, des intelligences doit enfanter un nouveau projet pour la France !

La rénovation, de fond en comble, mais aussi les primaires ouvertes !

Quel courage d’offrir à tous les Français de gauche la possibilité de choisir celle ou celui qui sera en capacité d’incarner leurs espoirs en 2012 !

Le PS a mis du temps avant de comprendre qu’il devait changer d’ère. Sa mutation interne ne tardera pas à prendre un visage souriant. Car l’émulation collective, au-delà des divergences, offre les meilleures conditions d’un débat de fond.

Notre projet existe, nos idées répondent aux attentes des Français. Encore fallait-il qu’un vent nouveau souffle de l’intérieur pour que nous soyons en mesure d’en donner la meilleure lisibilité.

Depuis l’université d’été de La Rochelle, le PS a engagé sa transformation. Dimanche dernier, le socialiste Jean-Pierre Pérez a mis fin à 26 années de gestion UMP à Carcassonne. Ce n’est qu’un début…

Alliances : osons le langage de vérité

Mardi 21 juillet 2009

Alexandre Medvedowsky a échoué de justesse dimanche à l’élection municipale partielle d’Aix-en-Provence.

Je le regrette d’autant plus qu’il avait les qualités nécessaires pour incarner le renouvellement et que son choix d’alliance dès le premier tour avec le Modem était la bonne stratégie.

Comme beaucoup au Parti socialiste, je souhaite un élargissement de nos partenariats politiques. L’axe PS-Verts-Modem-Radicaux est porteur d’une vraie ligne réformatrice autour de laquelle le Parti communiste, s’il cesse de lorgner vers l’extrême gauche, peut avoir toute sa place.

Bien sûr, le préalable est la construction d’un vrai programme qui réponde aux véritables aspirations des Français, un programme qui se refuse, comme l’écrit fort justement Manuel Valls, à vouloir reconstruire à l’identique un monde qui n’existe plus.

« Faute de reconnaître les conséquences de la mondialisation de l’économie et de l’individualisation de la société », écrit-il, la gauche est tombée dans l’incantation et s’est « progressivement enfermée dans une vision dépassée du monde ».

Voilà pourquoi, autour des valeurs d’humanisme, de justice sociale et de réformisme qui sont les nôtres, nous avons le devoir impératif de construire une alternative à la politique menée par la droite.

Le PS ne peut le faire seul, il doit s’ouvrir aux forces politiques qui partagent ses valeurs, sans esprit de domination et avec la volonté affirmée de fédérer dans le respect de chacun des partenaires.

Alors, osons le langage de la vérité, sortons de l’hypocrisie, assumons ce rassemblement porteur de victoires futures, car sa diversité et son dynamisme permettront de réinventer une démocratie politique, sociale et économique que les Français appellent de leurs vœux.

Tribune du Sud, LCM : menace sur la diversité de la presse

Mercredi 1 juillet 2009

La mort d’un journal n’est jamais une bonne nouvelle pour la démocratie. C’est pour cette raison que je déplore la disparition prématurée de La tribune du sud dont nous avions pu apprécier, l’espace de quelques semaines, l’originalité de la ligne éditoriale.

A cette mauvaise nouvelle s’en ajoute une deuxième : les difficultés rencontrées par la chaîne de télévision locale, LCM. Pour la petite chaîne qui monte (c’est ainsi que les journalistes la nomme), l’avenir s’annonce sombre : est-ce à croire que cet espace de liberté est lui aussi menacé ? Nous pouvons le redouter.

Il est important que les acteurs économiques et politiques réfléchissent aux meilleurs moyens de soutenir des médias indispensables au débat démocratique. On dit des relations entre journaux et pouvoirs qu’elles sont souvent frappées d’ambiguïté. Il faut sortir de ce schéma caricatural : le soutien à la presse par les pouvoirs concernés se doit d’être totalement désintéressé car il relève d’une autre urgence, celui du débat démocratique, de l’enrichissement lié aux échanges, aux confrontations.

Tous les acteurs politiques auront de plus en plus à s’interroger sur la nécessité de soutenir une presse libre et indépendante des pouvoirs, quels qu’ils soient.

Européennes, les leçons d’un scrutin

Mercredi 10 juin 2009

Le grand vainqueur de ces élections, et on peut le regretter, ce n’est pas l’Europe mais l’abstention.

Il est paradoxal que cette abstention augmente à chaque scrutin européen alors que les décisions européennes pèsent de plus en plus sur nos politiques nationales.

Au niveau des résultats, avec plus de 16 %, le PS est 4 points en dessous de sa moyenne européenne. Il est, à n’en pas douter, victime de son image liée à ses divisions internes et n’a pas su mobiliser nos concitoyens sur ses propositions en matière d’environnement et de développement durable et de projet européen.

La liste Europe écologie a probablement su le faire, ce qui lui permet de talonner le Parti socialiste au niveau national et de le dépasser, ici, dans le grand sud est et dans d’autres régions.

Par contre l’union des droites, avec 28 %, est largement devancée par l’addition des listes de gauche et des écologistes, qui toutes contestent la politique du gouvernement.

Le Parti socialiste doit très vite tirer les leçons de ce scrutin, il ne peut continuer comme avant, à savoir réussir dans la gestion des grandes collectivité locales et échouer lors des échéances nationales.

Il a maintenant l’obligation d’entendre le message des Français et leur proposer un projet clair et audible, refaire son unité et travailler à l’avenir avec l’ensemble des forces qui refusent la politique du gouvernement, et notamment les écologistes.

Européennes : “un moment privilégié de rendre concrètes la mobilisation et les revendications du peuple de France”

Vendredi 1 mai 2009

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A l’occasion du défilé de la fête du travail, ce matin, Eugène Caselli, premier secrétaire fédéral socialiste des Bouches-du-Rhône, a souhaité aborder l’enjeu politique des élections européennes du 7 juin prochain : ” je crois que c’est un moment privilégié pour que le peuple de France fasse savoir au gouvernement qu’elle est l’ampleur des problèmes ” qu’ils endurent.

” Le Parti socialiste est fortement mobilisé, il est là aujourd’hui, dans la rue, aux côtés des salariés “. Reste que le 7 juin, dans une élection à un seul tour, les français devront “à travers un vote socialiste”, donner une tournure concrète à la forte mobilisation que nous constatons comme rarement dans le pays mais surtout à leurs revendications.