Archive pour la catégorie ‘Parti Socialiste’

Laissons Dominique Strauss-Kahn gérer son temps politique !

Mardi 22 février 2011

Dominique Strauss-Kahn est-il le meilleur candidat pour la gauche en 2012 ? Les sondages le laissent supposer mais on connaît leur friabilité.

Néanmoins, c’est une évidence, de nombreux Français désirent clairement le voir se présenter à l’élection présidentielle.

Et la droite s’affole face à la perspective de voir un responsable politique à la carrure d’homme d’Etat se profiler au loin. Elle a raison.

Du silence protocolaire imposé par la rigoriste discipline du FMI en matière de politique intérieure de la France, la droite en fait une fuite, un jeu de communication, une distance avec les Français. Quand de tels arguments prévalent dans le débat, comment ne pas sentir que l‘UMP, cassée par la politique de rupture sans résultat de Nicolas Sarkozy, n’a plus pour seul allié pour se sauver que l’anathème et la caricature ?

La campagne de 2012 sera dure et semée d’embûches. Le PS a toutes les cartes en main pour l’emporter mais la politique est un sport de combat où la différence se joue sur des riens.

Laissons à Dominique Strauss-Kahn le soin de creuser son propre sillon, de prendre le temps qu’il faut avant de se lancer officiellement dans la bataille.

En tant qu’homme responsable, et s’il a fait le choix de se présenter aux Français, il voudra passer le flambeau de la direction du FMI à son successeur dans les meilleures conditions qui soient.

Il a su, c’est une évidence, réformer cette institution et la rendre plus soucieuse de la dimension sociale des crises économiques dévastatrices, même si, parfois, les remèdes imposés par la profondeur des déficits publics sont douloureusement ressentis par la population.

Dominique Strauss-Kahn ne joue pas une opération de com’. Il respecte un calendrier clair. Et l’hypermédiatisation de son éventuelle candidature relève plus d’une impatience journalistique que d’une obsession populaire. La population française a d’autres chats à fouetter que de participer au décodage quotidien des non-dits strauss-kahniens.

Elle attend simplement des propositions de rupture avec le sarkozysme et le meilleur candidat pour les incarner.

Dominique Strauss-Kahn en a les qualités.

35 heures, n’offrons pas de roses à la droite !

Mercredi 5 janvier 2011

Je ne vais pas emboîter le pas de ceux qui critiquent les déclarations de Manuel Valls sur le « déverrouillage » des 35 heures. Il s’agit certainement d’un mot malheureux et même si j’ai un grand respect pour l’homme, je pense que Manuel Valls a commis une erreur en lançant un débat dans le contexte social actuel, tendu et difficile.

Les 35 heures doivent continuer à former la base légale de la durée du temps de travail. Et ce n’est pas à Manuel Valls de lancer un débat sur lequel la droite elle-même n’affiche pas une approche unitaire.

Les 35 heures ont toujours donné de l’urticaire à la droite, considérant qu’il ne fallait pas compter son travail pour exister socialement, même pour les petits boulots jetables et mal rémunérés. Pour la droite, le travail, même le plus dur, le plus exposé physiquement, c’est la santé ! Et quatre heures de plus dans le froid, ça forge un ouvrier et ça ne mérite surtout pas une petite récompense salariale !

Lionel Jospin a eu l’audace, en 1997, de tenter l’expérience de la réduction du temps de travail. Le bilan des 35 heures est positif pour certains spécialistes, plus contrasté pour d’autres. Mais le scénario d’un retour à 39 heures de durée hebdomadaire de travail entraînerait un vrai chaos social. Car, au-delà de l’agitation politique, les entreprises et les syndicats vivent à l’heure des 35 heures et la refonte des accords de branche tendrait de nouveau les rapports sociaux à un moment où le pays a besoin de sérénité pour sortir de la crise. Les salaires augmenteraient certes de 4 heures mais ne seraient pas défiscalisées, ce qui devrait réjouir… les chefs d’entreprise. Enfin, le retour des 39 heures hebdomadaires engendrerait une hausse du chômage. Les emplois créés à l’époque seraient donc en partie détruit.

Difficile donc de manier cette délicate question des 35 heures sans risquer d’allumer une explosion sociale. Manuel Valls doit comprendre que la droite n’a plus qu’un seul allié hypothétique pour sauver les meubles en 2012 : les supposées bagarres de chefs au PS sur des sujets qui permettraient de démontrer l’obsolescence du projet socialiste et le pragmatisme triomphant mais destructeur d’acquis sociaux de la droite.

Le réalisme opposé à l’utopie, la responsabilité versus l’absence de crédibilité, le refrain est connu et nous ne devons plus nous laisser entraîner comme des petits enfants sur ce terrain. Il n’est même plus besoin d’être anti-sarkozyste, prédisposition qui ne m’a jamais habité, pour mesurer l’étendue de l’échec du sarkozysme. Donc, laissons aux Français le soin de juger de ce que le sarkozysme leur a apportés et attelons-nous à la construction d’un projet mobilisateur.

Nous devons donc nous contenter de travailler des propositions crédibles plutôt que d’alimenter la chronique médiatique sur des débats dépassés. Que ce soient les 35 heures ou un autre sujet !

Une autre gestion des retraites est possible

Mardi 18 mai 2010

Aujourd’hui, les enfants qui naissent vivront certainement au-delà de 80 ans. C’est le résultat d’une politique familiale conquérante que la gauche a souvent structurée, au contraire d’une droite si prompte à fustiger l’assistanat là où les politiques publiques s’appuient au contraire sur les ressorts audacieux de la solidarité.

Mais ce gain permanent sur l’espérance de vie n’est pas toujours synonyme d’épanouissement pour ceux qui en bénéficient. La dépendance et l’indifférence sociale accompagnent trop souvent la fin de vie de nos aînés. Cet enjeu de société est au cœur des débats sur les retraites.

Je considère qu’il est absolument nécessaire de préserver la puissance de notre système de répartition. Il serait inadmissible que le gouvernement contribue ainsi à l’appauvrissement des retraités en les enfermant dans un « minimum vieillesse » de quelques centaines d’euros par mois.

A l’évidence, le gouvernement souhaite passer en force, cet été, en pleine Coupe du Monde, quand les esprits sont tournés vers de légitimes aspirations aux vacances et à la détente. Il veut prendre de vitesse les organisations syndicales, en leur posant des ultimatums, alors que cette réforme impose de prendre du temps. Il s’appuie sur les analyses justes du Conseil d’orientation des retraites (COR), concluant à la nécessité d’un allongement de la durée des cotisations, sans pour autant faire le pari d’une sortie par le haut en explorant des pistes moins statistiques. La politique s’anoblit à trouver des alternatives ailleurs que dans les seules et trop froides conclusions des études.

Il est temps de renoncer clairement et franchement au bouclier fiscal. En période de crise, les riches seraient-ils si arcboutés sur leurs privilèges ? Ont-ils réellement besoin des chèques de milliers d’euros que leur signe l’administration fiscale ?

Les réponses au défi des retraites ne manquent pas : élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée, cotisations sur les stocks options et autres rémunérations non assujetties, disparition des privilèges fiscaux dont le chantier, souvent annoncé par le gouvernement, n’entre jamais dans une phase concrète…

Il ne faudra pas céder sur un nombre de principes. Le plus emblématique est le maintien des 60 ans, tout en offrant la possibilité de travailler plus à ceux qui le souhaitent. L’allongement de la durée de cotisation peut être une solution mais elle doit rester homéopathique et ne pas atteindre les sommets (63 ans, 67 ans !) entrevus dans certains pays peu soucieux du bien-être de leurs concitoyens. Enfin, comment ne pas mettre en place des mesures robustes pour favoriser l’emploi des séniors en encourageant le temps partiel en fin de carrière et en rendant obligatoire la formation professionnelle pour les plus de 45 ans, comme cela se pratique dans certains pays scandinaves. Les pistes sont nombreuses et il faut les explorer.

Les prochains jours, les progressistes devront être vigilants pour éviter que cette réforme nécessaire renforce une injustice sociale dont la droite est un actif propagateur.

Fier d’être de gauche !

Mardi 23 mars 2010

Je me réjouis de la victoire de Michel Vauzelle aux élections régionales, à la tête d’une liste rassemblant la gauche et les écologistes. Ce troisième succès d’affilée confirme qu’il a su faire du Conseil régional Paca un laboratoire d’idées pour une gauche soucieuse de justice sociale et porteuse de valeurs démocratiques essentielles.

Dès aujourd’hui, le Parti socialiste est confronté à un grand défi, celui de préparer l’alternance de 2012 pour fermer la parenthèse douloureuse du sarkozysme. En ma qualité de premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, je mettrai tout en œuvre pour que nos idées s’imposent sur le plan national comme elles ont pu séduire un large électorat à l’occasion des régionales.

Cette volonté passe par un travail de fond, par le recensement des priorités des Français pour apporter des réponses claires à leurs problèmes, dans un contexte marqué par la crise et ses dégâts collatéraux en matière sociale. Le bon bilan des Régions de gauche et les succès de dimanche doivent nous pousser à généraliser des dispositifs efficaces.

Plus que jamais, notre pays a besoin d’une gauche apaisée, rassemblée, désireuse de construire un avenir solidaire autour des valeurs qui rassemblent toutes ses sensibilités.

Plus que jamais, l’unité, le respect dans la diversité doivent s’imposer comme le moteur qui mènera le candidat de la gauche vers la victoire en 2012.

Ce 21 mars, nous avons vécu un événement politique majeur. La droite a beau prétexter que son mauvais score est lié à la violence de la crise, elle prend peu à peu conscience que la politique qu’elle met en œuvre depuis 2007 ne répond plus aux attentes des Français. Les remaniements gouvernementaux n’y changeront rien : la France a exprimé le souhait d’une nouvelle perspective politique… Elle ne veut plus d’une présidence autoritaire, murée dans ses certitudes. Elle ne veut plus payer les pots cassés de la crise alors que les forces de l’argent, utiles, certes, au bon fonctionnement du pays, ont tendance à se régénérer plus vite en oubliant les efforts importants fournis par la solidarité nationale pour les maintenir à flot lors de la crise financière. Les Français veulent travailler utilement au redressement du pays mais dans un cadre juste où la production des efforts serait harmonieusement répartie.

La progression du Front national montre que le sarkozysme a échoué en lançant un débat sans distance sur l’identité nationale. Notre pays n’a aucun intérêt à se diviser en favorisant l’éclosion d’un Front national synonyme de régression des valeurs démocratiques.

Les Français ont condamné une politique de la posture, de la parole, où les engagements supposément vertueux n’entrent jamais en écho avec la vraie vie des gens. Cette victoire aux régionales nous place face à une lourde responsabilité : la gauche, dans son ensemble, est attendue au tournant pour proposer un projet de société mobilisateur. Nous ne devrons pas décevoir cette impatience.

Sécurité, les Français ne sont pas dupes

Jeudi 11 février 2010

Le débat sur l’identité nationale a été enterré sans beaucoup de ménagement par le Premier ministre, avec à ses côtés un Eric Besson qui avait du mal à cacher son dépit.

Le grand colloque final annoncé il y a quelques semaines par le Président de la République, s’est finalement transformé en un séminaire gouvernemental sans éclat qui a accouché de mesurettes symboliques autour du drapeau français et de la Marseillaise.

Il faut dire que ce débat, engagé sur des bases favorisant tous les déballages et stigmatisations, visait trop ouvertement la séduction de l’électorat du Front National à l’orée des élections régionales pour pouvoir tromper les Français.

Le stratagème de l’identité nationale n’ayant pas fonctionné, la droite en revient à l’un de ses fondamentaux en période électorale, en présentant au parlement une énième loi fourre-tout sur la sécurité, destinée à faire du Président de République et de son ministre de l’Intérieur les protecteurs des Français alors que la Gauche représenterait le laxisme en la matière.

Mais la ficelle commence à devenir usée à force d’avoir trop servi.

Les gouvernements de droite semblent oublier leurs erreurs sur la sécurité depuis 2002, et ce, malgré une multitude de lois votées sous les différents ministres de l’Intérieur et notamment le plus connu d’entre eux, Nicolas Sarkozy.

Et ce n’est pas ce nouveau projet de loi sans surprise présenté fort opportunément par Brice Hortefeux, alors qu’il végétait depuis un an dans les tiroirs de l’Assemblée Nationale, qui fera oublier aux Français le bilan médiocre de la droite, à un moment, où le niveau des agressions physiques ne cesse de progresser alors que les effectifs de la police ne cessent de diminuer.

Il faut sauver la Poste !

Lundi 2 novembre 2009

Dès aujourd’hui, le Sénat va examiner le projet de loi relatif à La Poste. Depuis que Nicolas Sarkozy a décidé de remettre en cause ce service public essentiel, une sourde colère s’est levée dans le pays. Nos concitoyens ont eu l’occasion de manifester leur attachement à La Poste, notamment à travers la votation citoyenne. 90 % des 2,3 millions de votants se sont prononcés contre un changement de statut.

Au-delà de ce vote, il faut espérer que le gouvernement a bien saisi la nature du message : les Français n’acceptent pas la remise en cause systématique des services publics. La Poste, mais aussi l’Education nationale ou encore l’autonomie des collectivités locales sont dans son viseur de Nicolas Sarkozy.

A partir de ce jour, tous les partis de gauche seront mobilisés au Sénat pour sauver le plus ancien de nos services publics. Avec ses 17 000 points de contact, La Poste est emblématique de la diversité de nos territoires et contribue à réduire les inégalités de services publics dans les zones les plus isolées. Au-delà même du métier postal, il s’agit bien de garder le cap d’une politique d’aménagement du territoire soucieuse de la cohésion sociale.

Le combat portera dans un premier temps sur le premier article du projet de loi, qui vise à transformer La Poste en société anonyme, ouvrant ainsi la voie à une privatisation rampante. Certes, l’UMP assure que cette hypothèse relève du fantasme. Pourtant, en 2007, sur le dossier Gaz de France, Nicolas Sarkozy avait juré ses grands dieux que GDF resterait public jusqu’au bout de ses brûleurs. On connaît la suite…

Contrairement à ce que le gouvernement affirm, aucune directive européenne n’impose une telle évolution. De plus, le projet du gouvernement ne porte aucune perspective de développement de l’entreprise. Les missions de service public seront-elles maintenues ? La Banque Postale prendra-t-elle soin d’être toujours à l’écoute de tous les Français, notamment des plus démunis qui peuvent y ouvrir de petits comptes ? Ces craintes sont réelles tant la privatisation a démontré ses failles dans des domaines anciennement publics.

Le rendez-vous raté de la réforme territoriale

Vendredi 23 octobre 2009

Il est normal que la réforme territoriale annoncée par Nicolas Sarkozy suscite la colère des élus de gauche et la gêne mal feinte des élus de droite. Trop de points restent en effet en suspens, alors que cette réorganisation institutionnelle aurait pu donner lieu, dans la continuité du comité Balladur, à des avancées rendant les collectivités locales plus performantes.

Nous espérions une troisième étape de la décentralisation, nous assistons en fait à l’acte I de la recentralisation. Historiquement, la droite n’a jamais été très innovante en matière de décentralisation dont le grand artisan fut Gaston Defferre. Chaque fois qu’elle l’a pu, la droite a rogné les marges de manœuvre des élus locaux, visant notamment les élus PS et ceux de la gauche dans leur ensemble parce qu’ils avaient su démontrer en la matière un véritable savoir-faire.

L’argument de la réduction du nombre des élus fleure bon le populisme : une étude commandée récemment par l’Association des Départements de France (ADF) atteste que le coût global de la fonction politique des pouvoirs locaux représente 1,2 % de leurs charges de fonctionnement, soit 28 millions d’euros pour une dépense publique locale de 220 milliards d’euros. Le passage de 6 000 conseillers généraux et conseillers régionaux à 3 000 conseillers territoriaux, comme le prévoit la loi, représenterait donc une économie de 14 M€, tout juste de quoi construire un équipement culturel dans une ville moyenne. On se fout du monde !, serais-je tenter d’écrire dans la foulée d’Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux, dont les propos sur la réforme sont peu amènes en direction du Président de la République.

La suppression de la taxe professionnelle est tout aussi inquiétante. En déconnectant les ressources fiscales des communautés urbaines et la nécessaire dynamique des territoires, la suppression de la TP va remettre en cause l’action économique des communautés urbaines. Les pertes seront importantes. Et il n’est pas si sûr que les entreprises, qui se réjouissent de la disparition de ce qu’elle considère comme un impôt injuste, soient gagnantes dans l’affaire. En effet, cette décision réduira de fait la capacité d’investissement des communautés urbaines dont pâtiront par ricochet les entreprises. Ce scénario est difficilement acceptable dans la mesure où il ampute nos ressources fiscales et n’offre aucune garantie quant à l’évolution des dotations.

Que deviendra Marseille Provence Métropole dans ce cadre ? Difficile de conceptualiser cet avenir tant l’opacité domine. Le gouvernement voulait clarifier l’organisation territoriale de la France. Il est en train de la noyer dans une complexité encore plus grande.

Pour autant, l’idée de créer huit grande métropoles, dont une autour de Marseille, capable de rayonner sur un espace territorial plus fort économiquement et plus structuré au niveau de l’aménagement, ne doit pas être abandonnée. C’est au législateur de donner à ces métropoles les moyens nécessaires à leur ambition.

Votation citoyenne à La Poste : une vraie réussite démocratique

Mardi 6 octobre 2009

La votation citoyenne visant à sauver l’avenir de ce grand service public qu’est La Poste a été un grand succès populaire, avec plus de deux millions de votants. Je m’en réjouis d’autant plus que les militants du Parti socialiste se sont grandement investis pour rendre possible cette réussite.

Le gouvernement est désormais placé face à sa responsabilité. Il peut faire mine d’ignorer cette interpellation référendaire. Il peut aussi considérer -rêvons un peu- qu’une telle mobilisation révèle une inquiétude forte des Français de voir le dernier grand service public disparaître.

Il est vrai que l’hôte de l’Elysée, qui s’était engagé à ne jamais privatiser EDF et GDF, s’est dédit quelques mois plus tard. Gageons que la mobilisation populaire de ces jours derniers fera réfléchir à deux fois le Président de la République et son gouvernement.

Une véritable révolution culturelle

Mercredi 16 septembre 2009

Au-delà de la polémique relancée par Ségolène Royal qui manifestement n’apprécie guère de voir Martine Aubry prendre la main en s’attaquant aux démons qui ont si souvent décrédibilisé l’action du parti socialiste, à savoir : la division permanente et l’absence de transparence dans les scrutins internes, les choix sur lesquels vont se prononcer les militants le 1er octobre vont être déterminants pour le parti.

Si les choix de primaires ouvertes à tous les électeurs de la gauche, du non cumul que beaucoup veulent assortir d’un vrai statut de l’élu, et des procédures transparentes de vote soumises à une commission présidée par une personnalité à l’éthique incontestable sont entérinés, le Parti socialiste devra ensuite mettre en œuvre un processus de rénovation qui va le transformer en un parti plus ouvert, populaire, moderne et en prise directe avec son temps.

Peu de monde, même à l’intérieur d’un parti prisonnier d’usages liés au passé, ne semble se rendre compte de ce qui apparaîtra très vite comme une révolution culturelle bénéfique pour la démocratie de notre pays.

Néanmoins, la lisibilité de ce processus ne sera jamais complète sans l’adjonction d’un vrai projet de société proposé à ceux qui veulent que les choses changent profondément dans le domaine de la démocratie, de l’éducation, de la santé, du social, de la sécurité et de l’égalité des chances.

Voilà le chantier qui attend les socialistes, mais aussi toutes les forces démocratiques et républicaines qui aspirent à ce changement.

Une rénovation en actes

Mardi 15 septembre 2009

Chers amis,

Le Parti socialiste est entré dans une phase résolue de rénovation. Ces dernières années, nous avons abusé de ce terme. Aujourd’hui, je suis convaincu que le processus mis en place par Martine Aubry lors du dernier conseil national ira à son terme.

Mon optimisme ne se nourrit pas aux sources d’une quelconque méthode Coué. Car cette rénovation n’est pas seulement une nécessité vitale pour l’avenir du PS. Elle entre en résonance avec les attentes des Français. Selon le sondage de Viavoice paru dans l’édition du 14 septembre de Libération, 58 % des Français jugent négatif le bilan de Nicolas Sarkozy. Les Français sont intelligents : ils ne reprochent pas au Président de la République d’être responsable de la crise. Ils estiment, à juste titre, que son agitation, que l’UMP vante ou vend comme du volontarisme, ne produit pas grand chose à la sortie : aucune parcelle de ciel bleu dans leur quotidien, rien de positif qui laisserait à supposer que l’hyperprésidentialisme va dans la bonne direction.

Cette rentrée voit le retour des bonus, des stock-options alors que le chômage atteint des sommets. Mais, au-delà du contexte international, les promesses de Nicolas Sarkozy ont le goût saumâtre de la désillusion. Souvenez-vous : « Travailler plus pour gagner plus ». Souvenez-vous encore : « le bouclier fiscal » pour plus de justice fiscale. Autant de formules que les militants UMP s’évertuent à mettre sous le boisseau. Toute la réalité du quotidien est loin des engagements pris.

La nouvelle suppression des 13 500 enseignants dans l’Education nationale en est une illustration éloquente. Parmi eux, la disparition des 1 500 enseignants destinés aux élèves les plus en difficulté, ceux que l’on appelle les Rased, caractérise un peu plus encore l’idéologie droitière : saper les fondements de la société, confondre assistanat et aide aux plus démunis, laisser supposer que le social ne sert à rien, qu’il est improductif…

Même tromperie sur la taxe carbone, inadaptée, mal conçue… La préparation du Grenelle de l’Environnement a été saluée par tous, le PS compris. Mais le résultat final montre une nouvelle fois que l’Elysée cultive la mauvaise manie de passer à côté des grands rendez-vous avec l’histoire. Rien n’est fait dans ce nouveau dispositif fiscal pour saluer ceux qui opposent une démarche vertueuse aux risques liés au réchauffement climatique ! De plus, cette nouvelle taxe est injuste sur un plan social.

Tous ces éléments nous poussent à accélérer le mouvement de rénovation du PS. Car il faut se préparer à l’alternance, il faut gommer les erreurs du passé, faire du PS un mouvement collectif, dont l’addition des compétences, des intelligences doit enfanter un nouveau projet pour la France !

La rénovation, de fond en comble, mais aussi les primaires ouvertes !

Quel courage d’offrir à tous les Français de gauche la possibilité de choisir celle ou celui qui sera en capacité d’incarner leurs espoirs en 2012 !

Le PS a mis du temps avant de comprendre qu’il devait changer d’ère. Sa mutation interne ne tardera pas à prendre un visage souriant. Car l’émulation collective, au-delà des divergences, offre les meilleures conditions d’un débat de fond.

Notre projet existe, nos idées répondent aux attentes des Français. Encore fallait-il qu’un vent nouveau souffle de l’intérieur pour que nous soyons en mesure d’en donner la meilleure lisibilité.

Depuis l’université d’été de La Rochelle, le PS a engagé sa transformation. Dimanche dernier, le socialiste Jean-Pierre Pérez a mis fin à 26 années de gestion UMP à Carcassonne. Ce n’est qu’un début…