Le 2 octobre dernier, lors de l’assemblée communautaire, j’ai tenu à préciser les raisons qui poussent Marseille Provence Métropole à augmenter la taxe sur les ordures ménagères. Je soumets à votre sagacité le discours que j’ai prononcé qui, je l’espère, répondra point par point à vos interrogations.
« La hausse de la taxe sur les ordures ménagères provient d’une double contrainte :
Premièrement, d’ici 2014, nous avons l’obligation légale d’harmoniser les taux de base dans l’ensemble des communes hors de Marseille, ce qu’il a été décidé de faire par paliers.
Deuxièmement, il nous faut maintenant assumer le coût du centre de traitement des déchets qui entrera en service en avril 2010.
La hausse de la TEOM n’est donc pas destinée à financer la collecte des ordures ménagères ou la propreté de nos rues. Son produit servira uniquement à payer le coût du traitement des déchets qui va tripler dans les cinq ans à venir.
Ce dernier va passer de 25 millions d’euros par an aujourd’hui, avec la décharge d’Entressen qui va fermer sur décision préfectorale en mars 2010, à 43 millions d’euros avec la mise en service de l’usine de Fos, puis à 67 millions en 2012, et à 75 millions au final.
Ces chiffres n’intègrent pas le surcoût réclamé, de 107 millions d’euros, dont nous attendrons qu’une décision de justice fixe le montant légitime.
Nous savons tous que, sans ressources nouvelles, la communauté urbaine ne peut faire face à ce surcroît de dépenses qui affecte son budget de fonctionnement.
Depuis mon élection à la présidence de MPM, je n’ai cessé de mettre les chiffres sur la table, à la disposition et à l’appréciation de tous les maires et des élus de tous les groupes. Nous avons décidé à une quasi unanimité, en février 2009, d’assurer ensemble la poursuite de l’usine de traitement multifilières et d’en assumer le coût, et au moment de notre délibération, ce coût était déjà connu.
J’ai récemment consulté l’ensemble des maires, et bien entendu le maire de Marseille, qui ont bien compris l’obligation dans laquelle se trouvait notre collectivité d’utiliser le levier fiscal de la TEOM pour faire face à ses contraintes budgétaires.
Mais d’une manière générale, le problème du traitement des déchets se pose à l’ensemble des collectivités de notre pays, et il se pose avec acuité. Nous en avons la preuve avec l’ensemble des déchets des Alpes Maritimes qui est acheminé dans les décharges des départements circonvoisins, et notamment, 90 000 tonnes par an sont mises en décharge sur le site de la commune de Septèmes, parce que ce département n’est pas en capacité de traiter ses déchets.
Dans ce contexte, l’un des grands défis qu’il nous faudra relever demain est celui de la réduction des déchets à la source.
Il faut savoir que l’on ne pourra pas mener une politique de développement durable sérieuse sans trier et valoriser mieux qu’on ne le fait aujourd’hui.
Voilà pourquoi je proposerai rapidement à l’assemblée la création d’une commission de travail chargée d’étudier de quelle façon on peut progresser dans cette voie.
Cette commission composée de personnalités qualifiées et d’élus de l’ensemble des sensibilités représentées à l’assemblée, devra me faire des propositions en ce sens dans le courant 2010.
Il s’agit de répondre à un défi lancé à l’ensemble de nos sociétés doivent savoir que dans les années qui viennent, il leur faudra fournir un effort considérable sur toute la chaîne de production et de diffusion des marchandises, dans tous les foyers et toutes les collectivités.
Ne nous cachons pas que, si cet effort de grande ampleur a vocation à générer de l’activité et de l’emploi dans quantité de nouveaux métiers et techniques de pointe, il aura également un coût financier qu’il nous faudra prendre en compte avec responsabilité.
Je vous remercie.”