18 mai.

Une autre gestion des retraites est possible

Par ecaselli, à 15:53

Economie, Général, Parti Socialiste, Politique, Social

Aujourd’hui, les enfants qui naissent vivront certainement au-delà de 80 ans. C’est le résultat d’une politique familiale conquérante que la gauche a souvent structurée, au contraire d’une droite si prompte à fustiger l’assistanat là où les politiques publiques s’appuient au contraire sur les ressorts audacieux de la solidarité.

Mais ce gain permanent sur l’espérance de vie n’est pas toujours synonyme d’épanouissement pour ceux qui en bénéficient. La dépendance et l’indifférence sociale accompagnent trop souvent la fin de vie de nos aînés. Cet enjeu de société est au cœur des débats sur les retraites.

Je considère qu’il est absolument nécessaire de préserver la puissance de notre système de répartition. Il serait inadmissible que le gouvernement contribue ainsi à l’appauvrissement des retraités en les enfermant dans un « minimum vieillesse » de quelques centaines d’euros par mois.

A l’évidence, le gouvernement souhaite passer en force, cet été, en pleine Coupe du Monde, quand les esprits sont tournés vers de légitimes aspirations aux vacances et à la détente. Il veut prendre de vitesse les organisations syndicales, en leur posant des ultimatums, alors que cette réforme impose de prendre du temps. Il s’appuie sur les analyses justes du Conseil d’orientation des retraites (COR), concluant à la nécessité d’un allongement de la durée des cotisations, sans pour autant faire le pari d’une sortie par le haut en explorant des pistes moins statistiques. La politique s’anoblit à trouver des alternatives ailleurs que dans les seules et trop froides conclusions des études.

Il est temps de renoncer clairement et franchement au bouclier fiscal. En période de crise, les riches seraient-ils si arcboutés sur leurs privilèges ? Ont-ils réellement besoin des chèques de milliers d’euros que leur signe l’administration fiscale ?

Les réponses au défi des retraites ne manquent pas : élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée, cotisations sur les stocks options et autres rémunérations non assujetties, disparition des privilèges fiscaux dont le chantier, souvent annoncé par le gouvernement, n’entre jamais dans une phase concrète…

Il ne faudra pas céder sur un nombre de principes. Le plus emblématique est le maintien des 60 ans, tout en offrant la possibilité de travailler plus à ceux qui le souhaitent. L’allongement de la durée de cotisation peut être une solution mais elle doit rester homéopathique et ne pas atteindre les sommets (63 ans, 67 ans !) entrevus dans certains pays peu soucieux du bien-être de leurs concitoyens. Enfin, comment ne pas mettre en place des mesures robustes pour favoriser l’emploi des séniors en encourageant le temps partiel en fin de carrière et en rendant obligatoire la formation professionnelle pour les plus de 45 ans, comme cela se pratique dans certains pays scandinaves. Les pistes sont nombreuses et il faut les explorer.

Les prochains jours, les progressistes devront être vigilants pour éviter que cette réforme nécessaire renforce une injustice sociale dont la droite est un actif propagateur.

3 commentaires pour “Une autre gestion des retraites est possible”

  1. 23 mai 2010 à 18 h 10 min
    MOZZICONACCI dit :

    L’age emblématique de la retraite pouvant etre prise à 60 ans ne doit pas etre touché , la symbolique d’une retraite légalement possible à 60 ans est très forte
    Définissons de manière moderne et scientifique la pénibilité des métiers en 2010 (redéfinissons la)
    Etudions la possibilité d’une base commune de taxation à la fois des revenus du travail , des revenus fonciers et des revenus du capital
    Proposons à ceux qui le souhaitent de poursuivre leur activité professionnelle au-delà de 60 ans en aménageant les conditions de travail en couplant leur activité avec celle des jeunes qui pourraient ainsi mieux s’insérer en créant ainsi une véritable filiation etc etc
    Maintenant je n’ai plus d’idées mais je suis certain que vous en avez une multitude en réserve bonne chance et vivement 2012
    Michel Mozziconacci

  2. 23 juin 2010 à 21 h 26 min
    FILOSA Patrick dit :

    Le terrain a été largement travaillé en amont par les médias, totalement asservis au roitelet sarko. Tous les jours nos citoyens ont entendus que l’espérance de vie ne cesse d’augmenter et qu’ils allaient perdre leurs misérables retraites.
    La stratégie de la peur, sarko est passé maître en la matière, souvenez vous de son élection via ses messages sur l’insécurité, là aussi bien soutenus par ses vassaux
    Les payeurs seront encore les plus démunis, facile de leurs prendre quelques trimestres et quelques euros tous les mois, imaginez ce que cela représente sur une vingtaine de millions, il a vite fait le calcul le petit roi
    Mais surtout ne touchez pas à ses amis, encore moins aux privilèges.
    C’est vrai qu’il a bien choisi ses dates le grand stratège, mais il en a oublié une, 2012 !
    Qu’il fasse, nous déferons et nous lui démontrerons ce que le mot solidarité veut dire.
    Oui Michel VIVEMENT 2012

  3. 20 octobre 2010 à 11 h 53 min
    Guy Jacquard dit :

    Monsieur le Président - Toutes les luttes sociales, mêmes légitimes, ne peuvent pénaliser une population marseillaise qui paye un lourd tribu à tous ces conflits sociaux. Ce matin, aucun transport en commun pour aller au travail, donc nous allons à pied parmi les déchets entassés sur la chaussée et les trottoirs, déchets qui poussés par le vent de ces derniers jours sont répandus dans les artères principales de la ville…. Je ne peux pas imaginer que vous ne soyez pas sensible à cet état de fait. Comme vous l’écriviez lors du dernier conflit touchant l’enlèvement des ordures ménagères, des décisions courageuses doivent être prises par les élus responsables pour mettre un terme à une situation plus que dommageable, pour les citoyens, pour la ville et pour l’activité générale de notre cité particulièrement en pointe dans les désordres générés par ces luttes sociales. Monsieur le Président, au nom de tous ceux qui souhaitent que notre ville soit vivable, que nous puissions envisager d’y rester parce que nous y avons des attaches humaines et sentimentales, parce que notre centre ville qui se paupérise d’année en année devient en ce moment repoussant, je vous en conjure, usez de votre pouvoir pour que cesse les désordres actuels. Je suis persuadé qu’à ce stade du conflit il est encore temps pour que les marseillais ne s’exaspèrent jusqu’au point de non retour. La puissance syndicale est une chose nécessaire, mais la puissance politique dès lors qu’elle est démocratiquement exercée doit primer pour privilégier l’intérêt collectif. J’ai une petite fille de cinq ans, je voudrai qu’elle soit fière et heureuse de vivre dans notre cité. Avec mon plus profond respect Monsieur le Président.

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