Archive pour mai 2010

Une autre gestion des retraites est possible

Mardi 18 mai 2010

Aujourd’hui, les enfants qui naissent vivront certainement au-delà de 80 ans. C’est le résultat d’une politique familiale conquérante que la gauche a souvent structurée, au contraire d’une droite si prompte à fustiger l’assistanat là où les politiques publiques s’appuient au contraire sur les ressorts audacieux de la solidarité.

Mais ce gain permanent sur l’espérance de vie n’est pas toujours synonyme d’épanouissement pour ceux qui en bénéficient. La dépendance et l’indifférence sociale accompagnent trop souvent la fin de vie de nos aînés. Cet enjeu de société est au cœur des débats sur les retraites.

Je considère qu’il est absolument nécessaire de préserver la puissance de notre système de répartition. Il serait inadmissible que le gouvernement contribue ainsi à l’appauvrissement des retraités en les enfermant dans un « minimum vieillesse » de quelques centaines d’euros par mois.

A l’évidence, le gouvernement souhaite passer en force, cet été, en pleine Coupe du Monde, quand les esprits sont tournés vers de légitimes aspirations aux vacances et à la détente. Il veut prendre de vitesse les organisations syndicales, en leur posant des ultimatums, alors que cette réforme impose de prendre du temps. Il s’appuie sur les analyses justes du Conseil d’orientation des retraites (COR), concluant à la nécessité d’un allongement de la durée des cotisations, sans pour autant faire le pari d’une sortie par le haut en explorant des pistes moins statistiques. La politique s’anoblit à trouver des alternatives ailleurs que dans les seules et trop froides conclusions des études.

Il est temps de renoncer clairement et franchement au bouclier fiscal. En période de crise, les riches seraient-ils si arcboutés sur leurs privilèges ? Ont-ils réellement besoin des chèques de milliers d’euros que leur signe l’administration fiscale ?

Les réponses au défi des retraites ne manquent pas : élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée, cotisations sur les stocks options et autres rémunérations non assujetties, disparition des privilèges fiscaux dont le chantier, souvent annoncé par le gouvernement, n’entre jamais dans une phase concrète…

Il ne faudra pas céder sur un nombre de principes. Le plus emblématique est le maintien des 60 ans, tout en offrant la possibilité de travailler plus à ceux qui le souhaitent. L’allongement de la durée de cotisation peut être une solution mais elle doit rester homéopathique et ne pas atteindre les sommets (63 ans, 67 ans !) entrevus dans certains pays peu soucieux du bien-être de leurs concitoyens. Enfin, comment ne pas mettre en place des mesures robustes pour favoriser l’emploi des séniors en encourageant le temps partiel en fin de carrière et en rendant obligatoire la formation professionnelle pour les plus de 45 ans, comme cela se pratique dans certains pays scandinaves. Les pistes sont nombreuses et il faut les explorer.

Les prochains jours, les progressistes devront être vigilants pour éviter que cette réforme nécessaire renforce une injustice sociale dont la droite est un actif propagateur.

L’OM au sommet, les casseurs au piquet

Lundi 17 mai 2010

Comme tous les Marseillais et bien au-delà, je me réjouis de la formidable saison réalisée par l’Olympique de Marseille. Que d’émotions ! Que de formidables sensations !

Lorsque l’on connaît la place qu’occupe l’OM dans le cœur des Marseillais, on ne peut que se réjouir de ce parcours quasi-parfait. Cette réussite est d’abord celle d’un homme, aujourd’hui malheureusement décédé. Sans la ténacité de Robert Louis-Dreyfus, sans son entêtement dans l’adversité à garder le bon cap pour faire de l’OM ce qu’il est aujourd’hui, jamais une telle apothéose aurait été possible. Son épouse, Marguarita Louis-Dreyfus, a décidé de reprendre le flambeau avec talent. Elle appartient désormais à la grande famille marseillaise.

Ce succès, nous le devons aussi au fin stratège qu’est Didier Deschamps. L’homme, simple et humble, deux caractéristiques essentielles de l’intelligence à mes yeux, dispose d’une science footballistique forgée auprès des meilleurs clubs, et notamment à la Juventus de Turin. Formidable compétiteur, il a su imposer un cadre aux joueurs, relancer certains d’entre eux et opérer des choix tactiques judicieux. Le succès de l’OM doit beaucoup à l’homme qui a déjà tout gagné.

La fête de dimanche fut longtemps belle. Elle s’est malheureusement mal terminée. Il faut garder de cette journée son souvenir le plus festif, ne pas laisser aux casseurs le plaisir d’avoir atteint leur objectif, celui de faire parler d’eux gratuitement, sans mobile, sans explication. Mais les trop nombreux débordements en centre-ville de Marseille à la suite d’évènements sportifs heureux ou malheureux doivent nous pousser à une grande concertation entre tous les élus et les autorités préfectorales.

Nous devons réfléchir aux outils à mettre en place, tant éducatifs que répressifs, pour que la fête populaire ne soit pas le prétexte d’une expression de haine et de bêtise. En ma qualité de président d’une collectivité importante, j’essaierai de faire en sorte qu’un tel débat ait lieu dans les plus brefs délais.