Couverture du Stade Vélodrome : oui mais…
Par ecaselli, à 16:24
Chers internautes,
Ce matin, à l’occasion du conseil municipal, j’ai prononcé le discours suivant sur la couverture du stade vélodrome. Il m’est apparu important de vous le livrer tel quel.
“En tant que Conseiller Municipal et Président de la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole, je me réjouis que la question de la couverture du Stade Vélodrome et de la reconfiguration de ces abords soit mise à l’ordre du jour lors de ce conseil municipal.
Nous l’avons dit en d’autres circonstances, tout passionné de football, tout visiteur du stade ne peut qu’être favorable à un tel projet.
Par contre, et notre position ne souffrait pas d’ambigüité, nous n’aurions pas accepté que l’on casse l’existant en cédant notre stade qui est la propriété de tous les Marseillais, à un groupe privé dont la dimension économique et financière aurait pris le dessus sur le Symbole que représente le Stade Vélodrome en matière de lien social.
Voilà pourquoi, Monsieur le Maire la gestion du stade vélodrome devait rester publique.
Le stade fait parti du patrimoine de Marseille au même titre que la basilique de Notre Dame de la Garde ou le Vieux Port, et il a largement contribué à fonder l’identité culturelle de notre belle cité.
De plus, permettez-moi de rappeler que l’Olympique de Marseille et l’ensemble des supporters n’ont jamais critiqué la qualité de la gestion publique du stade Vélodrome.
En effet, cette gestion publique assume sans difficulté la comparaison avec des stades privés, y compris dans l’organisation de concerts et de festivités diverses.
Faut-il aussi rappeler que notre ville a aussi accueilli des manifestations majeures telles que la coupe du monde de rugby et de football pour ne citer que quelques exemples, et qu’à ce jour, aucun stade de football en France, à l’exception du stade de France, n’a pu organiser en 2009 trois concerts d’envergure internationale comme nous l’avons fait ici avec AC/DC et bientôt Johnny Halliday et Madonna.
Enfin, pour nous, cette gestion publique a toujours été le gage d’un stade accessible à tous les Marseillais, quelque soit le milieu social dont ils sont issus.
C’est pourquoi, je me réjouis que vous partagiez notre point de vue et que la délibération soumise au vote prévoie explicitement le maintien de l’exploitation du stade vélodrome en régie directe municipale.
Et comme vous, je le suppose, avant de fonder notre position, nous avons écouté et échangé avec les forces vives de notre municipalité, élus, collectivités, partenaires sociaux et entrepreneurs, et nous en sommes arrivés à la conclusion que la direction des grands équipements de la ville de Marseille remplit parfaitement ses missions et satisfait également la demande des organisateurs de manifestations, que ce soit l’Olympique de Marseille ou d’autres intervenants, les supporters de l’OM et les dizaines de milliers de spectateurs qui se pressent au stade à chaque match ou à chaque spectacle.
Nous serons donc très vigilants sur les missions de service public confiées à la direction des grands équipements que ce soit pour :
- la pratique et l’accueil des activités sportives,
- la gestion des impératifs techniques et de sécurité publique
- l’utilisation des équipements sportifs par les scolaires
- la coordination avec les services extérieurs en vue d’assurer la sécurité du public,
- la location et la mise à disposition de tous les utilisateurs comme l’OM, les fédérations française de football et de rugby ou les producteurs en charges d’événements nationaux ou internationaux.
- La pratique et l’accueil des activités ayant un intérêt local en termes d’animation touristique et culturelle.
De la même manière, il est bien évidemment que l’aménagement des alentours du stade où s’inscriront de nouveaux lieux de vie, apportera une dynamique supplémentaire qui permettra, par capillarité, de développer l’activité de la régie municipale.
Vous comprenez donc notre position :
Comme l’a exprimé récemment le Président du Conseil Général, la gestion publique ne peut pas être une variable d’ajustement au profit d’entreprises privées pour permettre la couverture du stade et de payer la reconfiguration des abords.
Si tel était le cas, dans l’avenir, nous nous y opposerons avec la plus grande détermination.
A titre de conclusion, je vais émettre deux regrets :
- Le premier est sur l’absence de données chiffrées concernant le maintien de la gestion publique.
Il est en effet manifeste que cette question n’apparaît pas dans l’ensemble des rapports comme si, vos services et vos consultants extérieurs étaient partis du postulat que le partenariat que vous souhaitiez ne pouvait pas inclure une gestion publique.
Je crois sincèrement, que sans l’intervention de notre groupe et du Président du Conseil Général, la Ville de Marseille n’aurait gardé que les murs du stade et en aurait laissé la gestion aux privés.
Les citoyens de notre ville méritent mieux, et je sais qu’au fond, Monsieur le Maire, nous partageons le même point de vue.
Mon deuxième regret porte sur l’absence de clarté concernant les masses financières qui sont en jeux.
Certes, nous connaissons le prix de la couverture du stade vélodrome (40 millions d’euros), mais peut-être, à la réflexion, aurait-on pu s’exonérer de faire appel au privé si nous nous en étions tenus à nos engagements initiaux respectifs de la campagne électorale, à savoir la simple couverture du stade.
De plus, aucune donnée précise n’est affichée sur la valeur du projet immobilier et urbain prévu autour du stade.
Ceci est d’autant plus inquiétant lorsque l’on sait qu’il est possible de construire un bâtiment pouvant atteindre la hauteur du « Gand Pavois ».
Ainsi, vous comprendrez aisément que sans vraie lisibilité nous ayons quelques craintes sur la faisabilité de ce projet.
Au final, seul le maintien des équilibres entre privé et public sera déterminant, et c’est le respect de cet équilibre qui fondera à la fois notre attitude et nos votes dans le futur.
Néanmoins, nous pensons que ce projet, s’il est maitrisé dans les conditions que nous venons d’évoquer, peut apporter une plus value à l’image de notre Ville.
Nous prenons également acte des avancées que vous avez acceptées de prendre en compte pour améliorer le texte.
Voilà pourquoi, dans une logique constructive mais vigilante nous émettrons un vote favorable à cette délibération sous les réserves que je viens d’énoncer”.




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