Archive pour juillet 2009

Incendie à Marseille : un drame humain et écologique

Vendredi 24 juillet 2009

L’incendie qui a ravagé 1 200 hectares de végétation dans les quartiers Est de Marseille est à la fois un drame humain et écologique.

Les habitants sont d’autant plus envahis d’une colère légitime que ce feu est parti, semble-t-il, de tirs rasants effectués par l’armée au camp de Carpiagne, dans le cadre d’un entraînement de routine. Il est évident que les conditions de déclenchement de cet incendie doivent être éclaircies au plus vite et les responsabilités établies.

Nous devons protéger nos espaces naturels parce qu’ils constituent un joyau et qu’ils sont les meilleurs ambassadeurs de notre image en France et dans le monde.

Nous devons tous ensemble faire preuve du plus grand civisme pour qu’une telle catastrophe écologique ne se reproduise pas. J’appelle de mes vœux la mise en place rapide de campagnes de sensibilisation sur ce thème afin que tous les habitants concernés soient informés des erreurs à ne pas commettre, car les feux les plus meurtriers partent toujours de gestes qui peuvent paraître anodins.

Je tiens enfin ici à féliciter les marins pompiers de Marseille, les sapeurs pompiers du département, les pilotes de Canadair et toutes celles et ceux qui, avec une vaillance qui force le respect, ont su contenir la fureur des flammes et garder suffisamment éloignée la menace du pire.

Je tiens aussi à féliciter les personnels de la RTM qui ont permis d’éloigner du danger les riverains des voies les plus exposées.

Je veux dire aux populations qui ont directement souffert de ce sinistre que les collectivités locales et territoriales sauront se mobiliser pour atténuer les conséquences de ce terrible incendie.

Alliances : osons le langage de vérité

Mardi 21 juillet 2009

Alexandre Medvedowsky a échoué de justesse dimanche à l’élection municipale partielle d’Aix-en-Provence.

Je le regrette d’autant plus qu’il avait les qualités nécessaires pour incarner le renouvellement et que son choix d’alliance dès le premier tour avec le Modem était la bonne stratégie.

Comme beaucoup au Parti socialiste, je souhaite un élargissement de nos partenariats politiques. L’axe PS-Verts-Modem-Radicaux est porteur d’une vraie ligne réformatrice autour de laquelle le Parti communiste, s’il cesse de lorgner vers l’extrême gauche, peut avoir toute sa place.

Bien sûr, le préalable est la construction d’un vrai programme qui réponde aux véritables aspirations des Français, un programme qui se refuse, comme l’écrit fort justement Manuel Valls, à vouloir reconstruire à l’identique un monde qui n’existe plus.

« Faute de reconnaître les conséquences de la mondialisation de l’économie et de l’individualisation de la société », écrit-il, la gauche est tombée dans l’incantation et s’est « progressivement enfermée dans une vision dépassée du monde ».

Voilà pourquoi, autour des valeurs d’humanisme, de justice sociale et de réformisme qui sont les nôtres, nous avons le devoir impératif de construire une alternative à la politique menée par la droite.

Le PS ne peut le faire seul, il doit s’ouvrir aux forces politiques qui partagent ses valeurs, sans esprit de domination et avec la volonté affirmée de fédérer dans le respect de chacun des partenaires.

Alors, osons le langage de la vérité, sortons de l’hypocrisie, assumons ce rassemblement porteur de victoires futures, car sa diversité et son dynamisme permettront de réinventer une démocratie politique, sociale et économique que les Français appellent de leurs vœux.

Concert de Madonna : un drame épouvantable

Vendredi 17 juillet 2009

C’est un drame épouvantable. D’autant plus épouvantable qu’il est soudain.

Nos pensées vont vers les victimes, à ces hommes qui ont perdu la vie, aux blessés graves et à leurs familles.

On se sent impuissants face à un tel drame. Le concert a été annulé, c’est une décision qui s’imposait notamment pour que l’enquête fasse toute la lumière sur cette tragédie.

Couverture du Stade Vélodrome : oui mais…

Jeudi 9 juillet 2009

Chers internautes,

Ce matin, à l’occasion du conseil municipal, j’ai prononcé le discours suivant sur la couverture du stade vélodrome. Il m’est apparu important de vous le livrer tel quel.

“En tant que Conseiller Municipal et Président de la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole, je me réjouis que la question de la couverture du Stade Vélodrome et de la reconfiguration de ces abords soit mise à l’ordre du jour lors de ce conseil municipal.

Nous l’avons dit en d’autres circonstances, tout passionné de football, tout visiteur du stade ne peut qu’être favorable à un tel projet.

Par contre, et notre position ne souffrait pas d’ambigüité, nous n’aurions pas accepté que l’on casse l’existant en cédant notre stade qui est la propriété de tous les Marseillais, à un groupe privé dont la dimension économique et financière aurait pris le dessus sur le Symbole que représente le Stade Vélodrome en matière de lien social.

Voilà pourquoi, Monsieur le Maire la gestion du stade vélodrome devait rester publique.

Le stade fait parti du patrimoine de Marseille au même titre que la basilique de Notre Dame de la Garde ou le Vieux Port, et il a largement contribué à fonder l’identité culturelle de notre belle cité.

De plus, permettez-moi de rappeler que l’Olympique de Marseille et l’ensemble des supporters n’ont jamais critiqué la qualité de la gestion publique du stade Vélodrome.

En effet, cette gestion publique assume sans difficulté la comparaison avec des stades privés, y compris dans l’organisation de concerts et de festivités diverses.

Faut-il aussi rappeler que notre ville a aussi accueilli des manifestations majeures telles que la coupe du monde de rugby et de football pour ne citer que quelques exemples, et qu’à ce jour, aucun stade de football en France, à l’exception du stade de France, n’a pu organiser en 2009 trois concerts d’envergure internationale comme nous l’avons fait ici avec AC/DC et bientôt Johnny Halliday et Madonna.

Enfin, pour nous, cette gestion publique a toujours été le gage d’un stade accessible à tous les Marseillais, quelque soit le milieu social dont ils sont issus.

C’est pourquoi, je me réjouis que vous partagiez notre point de vue et que la délibération soumise au vote prévoie explicitement le maintien de l’exploitation du stade vélodrome en régie directe municipale.

Et comme vous, je le suppose, avant de fonder notre position, nous avons écouté et échangé avec les forces vives de notre municipalité, élus, collectivités, partenaires sociaux et entrepreneurs, et nous en sommes arrivés à la conclusion que la direction des grands équipements de la ville de Marseille remplit parfaitement ses missions et satisfait également la demande des organisateurs de manifestations, que ce soit l’Olympique de Marseille ou d’autres intervenants, les supporters de l’OM et les dizaines de milliers de spectateurs qui se pressent au stade à chaque match ou à chaque spectacle.

Nous serons donc très vigilants sur les missions de service public confiées à la direction des grands équipements que ce soit pour :

-      la pratique et l’accueil des activités sportives,

-      la gestion des impératifs techniques et de sécurité publique

-      l’utilisation des équipements sportifs par les scolaires

-      la coordination avec les services extérieurs en vue d’assurer la sécurité du public,

-      la location et la mise à disposition de tous les utilisateurs comme l’OM, les fédérations française de football et de rugby ou les producteurs en charges d’événements nationaux ou internationaux.

-      La pratique et l’accueil des activités ayant un intérêt local en termes d’animation touristique et culturelle.

De la même manière, il est bien évidemment que l’aménagement des alentours du stade où s’inscriront de nouveaux lieux de vie, apportera une dynamique supplémentaire qui permettra, par capillarité, de développer l’activité de la régie municipale.

Vous comprenez donc notre position :

Comme l’a exprimé récemment le Président du Conseil Général, la gestion publique ne peut pas être une variable d’ajustement au profit d’entreprises privées pour permettre la couverture du stade et de payer la reconfiguration des abords.

Si tel était le cas, dans l’avenir, nous nous y opposerons avec la plus grande détermination.

A titre de conclusion, je vais émettre deux regrets :

- Le premier est sur l’absence de données chiffrées concernant le maintien de la gestion publique.

Il est en effet manifeste que cette question n’apparaît pas dans l’ensemble des rapports comme si, vos services et vos consultants extérieurs étaient partis du postulat que le partenariat que vous souhaitiez ne pouvait pas inclure une gestion publique.

Je crois sincèrement, que sans l’intervention de notre groupe et du Président du Conseil Général, la Ville de Marseille n’aurait gardé que les murs du stade et en aurait laissé la gestion aux privés.

Les citoyens de notre ville méritent mieux, et je sais qu’au fond, Monsieur le Maire, nous partageons le même point de vue.

Mon deuxième regret porte sur l’absence de clarté concernant les masses financières qui sont en jeux.

Certes, nous connaissons le prix de la couverture du stade vélodrome (40 millions d’euros), mais peut-être, à la réflexion, aurait-on pu s’exonérer de faire appel au privé si nous nous en étions tenus à nos engagements initiaux respectifs de la campagne électorale, à savoir la simple couverture du stade.

De plus, aucune donnée précise n’est affichée sur la valeur du projet immobilier et urbain prévu autour du stade.

Ceci est d’autant plus inquiétant lorsque l’on sait qu’il est possible de construire un bâtiment pouvant atteindre la hauteur du « Gand Pavois ».

Ainsi, vous comprendrez aisément que sans vraie lisibilité nous ayons quelques craintes sur la faisabilité de ce projet.

Au final, seul le maintien des équilibres entre privé et public sera déterminant, et c’est le respect de cet équilibre qui fondera à la fois notre attitude et nos votes dans le futur.

Néanmoins, nous pensons que ce projet, s’il est maitrisé dans les conditions que nous venons d’évoquer, peut apporter une plus value à l’image de notre Ville.

Nous prenons également acte des avancées que vous avez acceptées de prendre en compte pour améliorer le texte.

Voilà pourquoi, dans une logique constructive mais vigilante nous émettrons un vote favorable à cette délibération sous les réserves que je viens d’énoncer”.

Crash de l’Airbus des Comores : après le drame, le temps des questions

Vendredi 3 juillet 2009

Je tiens d’abord à renouveler mes plus sincères condoléances aux familles frappées par la disparition, au large des Comores, de l’Airbus de la compagnie Yemania.

Soixante et une personnes avaient embarqué à l’aéroport de Marseille - Provence. Beaucoup de familles sont aujourd’hui dans la peine. Je souhaite leur dire ma compasion et les assurer que tout Marseille partage leur deuil.

Je comprends par ailleurs la colère de la communauté comorienne. Pour accomplir leur deuil, les familles doivent savoir si la responsabilité de la compagnie aérienne est complètement engagée. Si tel est le cas, il faudra que l’Etat français prenne les devants pour renforcer un peu plus les dispositions du droit international en la matière.

Car rien ne justifie, et surtout pas la situation financière des voyageurs, que la sécurité de ces derniers soit exposée.  Les avions « poubelles » doivent disparaître du ciel pour que plus jamais les mêmes causes puissent provoquer un tel drame.

Tribune du Sud, LCM : menace sur la diversité de la presse

Mercredi 1 juillet 2009

La mort d’un journal n’est jamais une bonne nouvelle pour la démocratie. C’est pour cette raison que je déplore la disparition prématurée de La tribune du sud dont nous avions pu apprécier, l’espace de quelques semaines, l’originalité de la ligne éditoriale.

A cette mauvaise nouvelle s’en ajoute une deuxième : les difficultés rencontrées par la chaîne de télévision locale, LCM. Pour la petite chaîne qui monte (c’est ainsi que les journalistes la nomme), l’avenir s’annonce sombre : est-ce à croire que cet espace de liberté est lui aussi menacé ? Nous pouvons le redouter.

Il est important que les acteurs économiques et politiques réfléchissent aux meilleurs moyens de soutenir des médias indispensables au débat démocratique. On dit des relations entre journaux et pouvoirs qu’elles sont souvent frappées d’ambiguïté. Il faut sortir de ce schéma caricatural : le soutien à la presse par les pouvoirs concernés se doit d’être totalement désintéressé car il relève d’une autre urgence, celui du débat démocratique, de l’enrichissement lié aux échanges, aux confrontations.

Tous les acteurs politiques auront de plus en plus à s’interroger sur la nécessité de soutenir une presse libre et indépendante des pouvoirs, quels qu’ils soient.