Le Blog d'Eugène Caselli,

Président de la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole

5 mai.

Le débat métropolitain est enfin lancé

Par ecaselli, à 15:20 à Marseille

Economie, Grands projets, MPM, Marseille

Le 22 avril dernier, au cours de la Commission Départementale de Coopération Intercommunale (CDCI), le préfet de Région Hugues Parant a tranché : un pôle métropolitain sera en discussion autour de quatre grandes communautés d’agglomération et de MPM.

Cette décision est frappée du sceau du pragmatisme. Il ya quelques semaines, avec les autres présidents de structures intercommunales, j’avais approuvé le principe de création de ce pôle métropolitain permettant de mettre en œuvre des projets décidés en commun.

Mais le pôle métropolitain ne doit pas nous détourner d’une spécificité territoriale propre à l’agglomération marseillaise : il doit grandir sur le socle d’un projet global et cohérent où la notion de solidarité territoriale doit être en permanence réaffirmée et où les règles de financement des projets ne peuvent prendre en compte le seul critère de population comme clef de répartition, du fait des énormes charges de centralité de Marseille.

Au risque de rappeler une évidence, les déséquilibres en matière de richesses fiscales doivent être corrigés pour que toutes les communes concernées s’approprient la dynamique métropolitaine.

1-     Je l’ai rappelé lors de la réunion en Préfecture : je ne pourrais pas valider un pôle métropolitain purement défensif, uniquement destiné à empêcher d’éventuelles fusions d’intercommunalités.

2-     Sachant que ce qui rend Marseille plus fort conforte par capillarité les atouts des intercommunalités voisines, le pôle métropolitain ne saurait être la solution politiquement correcte qui permettra de passer à la trappe la nécessaire réflexion sur le devenir de l’agglomération marseillaise.

J’attends donc avec impatience que le pôle métropolitain donne toute sa dimension à nos ambitions communes en matière de développement économique, de transports, d’universités, de recherches, d’innovations, de solidarités urbaines et de péréquations financières

3-     Si au final, et j’espère que ce ne sera pas le cas, le pôle métropolitain relève du pur artifice, je serai contraint de prendre la lourde responsabilité de demander à l’assemblée communautaire de donner à MPM le statut légal de Métropole, ce qui aura pour conséquence, si le vote est favorable, d’augmenter de façon significative le champ de ses compétences et de ses domaines d’interventions.

Ce serait alors l’échec d’une approche plus concertée de l’agglomération marseillaise, mais se serait l’ultime moyen de rappeler une évidence géographique et urbaine incontestable, à savoir que Marseille est la capitale régionale du sud, qu’elle supporte à ce titre d’énormes charges de centralité, que sa communauté urbaine n’a aucune tentation hégémonique, mais que chacun doit prendre en compte sa place et sa spécificité,  faute de quoi elle devra prendre elle-même son destin en main.

Ceci, bien entendu, ne pourra se faire que dans le respect le plus strict des prérogatives et compétences actuelles des maires élus au suffrage universel.

A ce titre personnel, si je me refuse à parler du Grand Marseille, je ne m’inscrirai pas dans la fatalité d’un Petit Marseille, et j’entends œuvrer, à la place qui est la mienne, à la formation d’une unité territoriale attractive au niveau économique et culturel en Europe du Sud et en Méditerranée, dont nous avons un urgent besoin pour relever les défis d’aujourd’hui et ceux de demain.

12 avr.

Réécouter l’émission d’Eugène Caselli sur France 3 Méditerranée

Par admin, à 9:15 à Marseille

Général

Le Président de Marseille Provence Métropole était l’invité de l’émission politique de France 3 Méditerranée, ce samedi 9 avril à 11h30. Si vous étiez à la plage ou en train de jardiner, il n’est jamais trop tard pour cliquer ici et la réécouter.

8 avr.

Eugène Caselli sur France 3 Méditerranée ce samedi 9 avril à 11h30

Par admin, à 15:12 à Marseille

Général

Ce samedi 9 avril, à 11h30, Eugène Caselli sera l’invité de l’émission « La voix est libre » sur France 3 Méditerranée. Ce sera l’occasion pour lui de revenir sur les grands sujets d’actualité du moment.

L’émission ne sera pas uniquement consacrée à un entretien sur plateau. Une équipe de journalistes a suivi le président de la communauté urbaine dans son travail quotidien. Eugène Caselli insistera sur sa volonté de créer un pôle métropolitain adapté à l’ambition de l’agglomération et prenant en compte toutes les identités territoriales du département. Une émission à ne pas manquer.

16 mar.

Une révolution nucléaire ?

Par ecaselli, à 16:02 à Marseille

Général

L’accident nucléaire de Fukushima n’est pas une catastrophe comme les autres. Elle survient dans un pays qui avait fait de la sécurité en matière nucléaire sa marque de fabrique, message martelé pour rassurer un pays confronté déjà -hélas- au poison des radiations pendant la seconde guerre mondiale.

Le Japon avait tout prévu, sauf qu’il existait autre chose au-delà du pire.

Certes, ce pays est aussi connu pour la puissance et la fréquence de ses colères sismiques. Mais les tremblements de terre ne suffisent désormais plus à la démonstration de force de la nature sur l’homme, les tsunamis l’accompagnent et forment ainsi un couple encore plus meurtrier.

C’est en cela que cet événement dramatique est majeur. Il impliquerait qu’en matière nucléaire, les certitudes ne tiennent plus, que la nature, dans son déchaînement, réduit les progrès techniques à ce qu’ils sont : une illusion de notre toute-puissance.

Dans cette optique, doit-on aujourd’hui rouvrir le dossier du nucléaire en France ? Je le crois, mais de façon sereine, en évitant toute démagogie.

Notre société n’est pas dupe : elle sait que le risque zéro n’est qu’un slogan sorti d’une agence de communication. Elle ne souhaite pas, en revanche, que l’on joue aux apprentis sorciers là où les certitudes ne sont pas scientifiquement établies.

Dans son terrible malheur, le Japon nous apprend que notre modèle de développement énergétique n’est peut-être plus adapté aux risques potentiels liés aux changements climatiques.

Mettons-nous autour de la table : envisageons les scénarios possibles d’une vie sans nucléaire. Est-ce possible ? Ne réagit-on pas sur le coup de l’émotion ? Nos sociétés en demandent-elles trop en matière énergétique ? Comment sortir de cette forte dépendance et en combien de temps, sans bousculer nos économies déjà fragiles ?

Ce début du siècle est décidément celui des évolutions.

Nous faisons le constat que notre modèle de développement n’est plus totalement adapté à la marche du monde.

Au Japon, c’est une révolution involontaire qui explose : elle interroge le progrès et ses limites. A nous tous de faire preuve d’une intelligence collective, celle qui consiste à savoir reconnaître que l’on a pu se tromper.

Il nous faut trouver les solutions qui permettront, au moins à la génération suivante, de vivre dans un monde où les énergies renouvelables ont définitivement conquis la planète.

9 mar.

Barrer la route à la droite et à l’extrême droite en 2012

Par ecaselli, à 15:37 à Marseille

Politique

Marine le Pen à 24% ? Le sondage Louis Harris, même s’il peut être critiquable par certains aspects, n’en reste pas moins très préoccupant.

Reste à savoir ce qui peut motiver un score si élevé autour de la candidate d’un Parti prônant des idées ouvertement racistes.

Certes, Nicolas Sarkozy porte une large part de responsabilité dans le résultat de ce surprenant sondage parce qu’il manie avec une légèreté suspecte les idées sur lesquelles Marine Le Pen capitalise :

Le débat sur l’identité nationale et le discours sécuritaire de Grenoble hier, le débat sur l’Islam et les origines chrétiennes de l’Europe aujourd’hui, mais aussi quand ses vassaux invoquent la non appartenance au terroir de la France profonde, en évoquant la candidature de Dominique Stauss-Kahn.

Bref, comme il l’avait fait en 2007, Sarkozy  agite des peurs, rend ce pays frileux, le fragmente et secrète de la sous- citoyenneté.

Mais cette fois, cette stratégie, gagnante à la dernière présidentielle, où il avait siphonné les voix du Front National, semble se retourner contre lui. Depuis, la crise économique et sociale a mis à mal les classes populaires et moyennes, l’insécurité a augmenté malgré les rodomontades du Président et de son ministre de l’Intérieur, et les sondages sont de plus en plus mauvais pour le futur candidat UMP à la présidence, au point que certains dans son camp se demandent s’il ne  faut pas changer de cheval en cours de route.

Néanmoins, les socialistes ne pourront se contenter longtemps de ce constat. Les Français attendent de nous des réponses crédibles et audibles sur les problèmes économiques et sociaux et sur les problèmes de sécurité.

Quelle justice fiscale si demain nous accédons au pouvoir ?

Quelle politique sociale ?

Quelles solutions proposons-nous pour les plus précaires ?

Quelles solutions pour relancer la machine économique et l’emploi ?

Voila sur quoi nous devons être entendus et surtout écoutés !

Quant à la sécurité, hé bien, parlons-en ! Lançons un vrai débat qui irait des citoyens aux éducateurs et aux policiers pour savoir comment sortir certains quartiers et certaines villes d’une peur justifiée, sans angélisme et avec des réformes équilibrées allant de l’éducatif et du préventif au répressif.

Gardons-nous surtout  de croire que l’impopularité de la droite nous protégera de la défaite, la gauche doit proposer une alternative sous peine d’être elle aussi en état de défiance par rapport à l’opinion.

A travers nos propositions nous devons construire une crédibilité à la fois morale et politique.

Nous devons convaincre, à travers nos actes, que la politique est utile, qu’elle fonde notre pacte républicain et que sans elle, c’est le Front National qui prospère.

Le Front National ne propose rien, il dénonce, il tire les marrons du feu d’une crise sociale dure, impitoyable, face à laquelle Nicolas Sarkozy n’est pas au niveau en terme de réponses.

Ces réponses, les socialistes doivent les apporter collectivement, en responsabilité et sans tabous,  notamment en matière de sécurité.

Voila pourquoi il faut en appeler au refus de l’éparpillement des candidatures lors des primaires socialiste. Que le meilleur d’entre nous soit désigné sans heurt, très peu sont en position de l’emporter, tout le monde connait leur nom et  l’un d’entre eux se détache nettement, inutile d’y revenir.

Quant à la gauche dans son ensemble, elle devrait réfléchir au fait qu’une multiplicité de candidatures peut être dommageable avec un Front National aussi haut dans les sondages.

2002 c’était hier, ne l’oublions jamais si l’on veut collectivement barrer la route à la droite et à l’extrême droite en 2012.

22 fév.

Laissons Dominique Strauss-Kahn gérer son temps politique !

Par ecaselli, à 18:17 à Marseille

Parti Socialiste, Politique

Dominique Strauss-Kahn est-il le meilleur candidat pour la gauche en 2012 ? Les sondages le laissent supposer mais on connaît leur friabilité.

Néanmoins, c’est une évidence, de nombreux Français désirent clairement le voir se présenter à l’élection présidentielle.

Et la droite s’affole face à la perspective de voir un responsable politique à la carrure d’homme d’Etat se profiler au loin. Elle a raison.

Du silence protocolaire imposé par la rigoriste discipline du FMI en matière de politique intérieure de la France, la droite en fait une fuite, un jeu de communication, une distance avec les Français. Quand de tels arguments prévalent dans le débat, comment ne pas sentir que l‘UMP, cassée par la politique de rupture sans résultat de Nicolas Sarkozy, n’a plus pour seul allié pour se sauver que l’anathème et la caricature ?

La campagne de 2012 sera dure et semée d’embûches. Le PS a toutes les cartes en main pour l’emporter mais la politique est un sport de combat où la différence se joue sur des riens.

Laissons à Dominique Strauss-Kahn le soin de creuser son propre sillon, de prendre le temps qu’il faut avant de se lancer officiellement dans la bataille.

En tant qu’homme responsable, et s’il a fait le choix de se présenter aux Français, il voudra passer le flambeau de la direction du FMI à son successeur dans les meilleures conditions qui soient.

Il a su, c’est une évidence, réformer cette institution et la rendre plus soucieuse de la dimension sociale des crises économiques dévastatrices, même si, parfois, les remèdes imposés par la profondeur des déficits publics sont douloureusement ressentis par la population.

Dominique Strauss-Kahn ne joue pas une opération de com’. Il respecte un calendrier clair. Et l’hypermédiatisation de son éventuelle candidature relève plus d’une impatience journalistique que d’une obsession populaire. La population française a d’autres chats à fouetter que de participer au décodage quotidien des non-dits strauss-kahniens.

Elle attend simplement des propositions de rupture avec le sarkozysme et le meilleur candidat pour les incarner.

Dominique Strauss-Kahn en a les qualités.

9 fév.

Serein et déterminé

Par ecaselli, à 11:14 à Marseille

Général

En janvier 2010, m’adressant à l’ensemble du personnel de Marseille Provence Métropole, j’avais dit à propos de l’enquête judiciaire en cours que nous n’avions rien à cacher et que nous accéderions à toutes les demandes qui nous seraient faites par la justice.

Je n’ai bien sûr pas varié là-dessus. M’adressant de nouveau au personnel de la communauté urbaine le 22 janvier dernier, j’ai répété que la justice suivait son cours et devait continuer à pouvoir le faire sans que rien ni personne n’y fasse obstacle. Je précisais encore que les investigations en cours ou à venir ne m’inquiétaient, ni pour moi-même, ni pour aucune des décisions que j’avais prises en conscience afin d’assurer le bon fonctionnement de notre collectivité.

Dans le cas de l’enquête en cours, j’ai été entendu la semaine dernière sous le régime de la garde à vue. Même si j’ai été traité avec la plus grande courtoisie, vous comprendrez qu’il s’agit d’une épreuve à la fois pénible et intense. Néanmoins les questions posées pendant ces longues heures m’ont permis de répondre en détail aux questions et d’expliquer ma vision du déroulement des faits examinés.

La teneur de ces auditions, et l’issue qu’elles ont connue, ont aussi conforté la conviction qui est la mienne que toutes les décisions que j’ai prises ont été inspirées par la volonté de préserver l’institution, de la maintenir toujours en situation de remplir ses obligations et d’exercer pleinement ses compétences, sans frein, ni entrave, ni interférences d’aucune sorte.

Serein et déterminé, je reste, bien entendu, à la disposition de la justice.

Dans la période disons… un peu mouvementée que nous connaissons, je veux exprimer ma gratitude à toutes celles et tous ceux d’entre vous, simples citoyens ou Elus, qui m’ont témoigné leur estime et assuré de leur soutien fondé sur une confiance mutuelle et réciproque. Soyez assurés que je ne ferai rien pour perdre cette confiance qui m’engage et m’honore à la fois.

27 jan.

La LGV Paca ne doit pas être un enjeu politicien

Par admin, à 17:06 à Marseille

Economie, Grands projets, Général, Transports

Ces dernières semaines, on a beaucoup parlé de la LGV Paca, qui doit relier Paris à Nice et désenclaver ainsi le département des Alpes-Maritimes. Cette LGV présente un intérêt majeur, celui de conforter définitivement l’arc latin à l’horizon 2030, reliant l’Espagne, la France et l’Italie et renforçant ainsi la capacité de développement économique du sud de l’Europe.

Récemment, une rencontre avait lieu sur le sujet dans le bureau du préfet de région, Hugues Parant. Son prédécesseur, Michel Sappin, avait laissé entendre que la LGV aura bien du mal à être financée. Son coût est en effet important, estimé entre 7 et 15 milliards d’euros, mais jamais un représentant de l’Etat n’avait exprimé des doutes aussi forts sur sa réalisation.

Une telle déclaration avait suscité un réel émoi auprès des élus. Le secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani, abordant la question, avait assuré qu’il recherchait des solutions de financement du côté de la commission européenne, confirmant ainsi les difficultés de financement de cet équipement majeur.

Dernier coup de théâtre : l’exigence exprimée par Christian Estrosi, maire de Nice, président de la communauté d’agglomération Nice Cote d’Azur et, surtout, ancien ministre, assurant que si l’Etat ne prenait pas en compte le tronçon Nice-Vintimille dans le projet global, il se retirerait du financement de la ligne, entraînant avec lui son fidèle ami Eric Ciotti, président UMP du CG des Alpes-Maritimes.

Je n’ai spécifiquement rien contre ce prolongement de la ligne. Je le trouve même très largement justifié en termes d’aménagement intelligent du territoire. Mais je n’ai pas apprécié la manière pour le moins cavalière d’agir de Christian Estrosi à l’égard de l’Etat.

Je sais depuis que Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre entre autres des Transports, a depuis accédé à la demande de son ancien collègue du gouvernement. Mais on ne peut, dans un pays où la continuité de la décision publique doit être sanctuarisée, faire de la pression une manière d’agir sur des dossiers de l’importance de la LGV Paca.

Quant au fond, je m’en tiens pour l’heure aux informations bien étayées fournies par le préfet. Les études sont en cours, l’enquête publique sera lancée en 2014 et le projet n’est pas, en l’état, remis en cause. C’est là l’essentiel.

19 jan.

Une grande ambition métropolitaine

Par admin, à 13:27 à Marseille

Grands projets, MPM, Marseille, Transports

J’ai signé, le 18 janvier, un communiqué commun avec les présidents des huit autres intercommunalités qui maillent le territoire les Bouches-du-Rhône (1). Cette prise de position est un événement majeur pour la future organisation de notre territoire métropolitain : nous y défendons une approche philosophique propre à désamorcer toutes les bisbilles qui émaillent le débat sur la taille métropolitaine de Marseille.

Il est temps d’en finir avec les slogans simplificateurs sur le thème du « non au Grand Marseille » qui, dans une opinion publique peu au fait des subtilités de la réforme territoriale, érigent des murs psychologiques entre un Marseille banni et une périphérie heureuse.

Marseille n’est pas un problème, c’est une chance. Sans un Marseille puissant, la périphérie s’écroule, tous les élus dignes de ce nom le savent.

On ne peut pas pour autant imposer aux intercommunalités une intégration forcée. Aucune métropole n’est aujourd’hui dans les tuyaux et même celle de Nice, dont Christian Estrosi assurait qu’elle était prête, se heurte à des résistances, si j’en crois la lecture du dernier numéro d’Objectif Méditerranée.


Je suis favorable en revanche aux pôles métropolitains qui offrent la possibilité de travailler sur des projets ciblés et structurants, comme les transports ou les déchets. Certains regroupements intercommunaux sont déjà lancés sur des projets de cette nature. Le syndicat mixte des transports créé à l’initiative du Conseil général des Bouches-du-Rhône en est l’exemple le plus actuel. Il faut continuer dans cette voie.

Au-delà des critiques justifiées sur les intercommunalités, notamment sur la perte de proximité dans l’organisation des services au quotidien, il serait malhonnête de tirer un bilan négatif de cette jeune institution. Dans les « petites » communes, combien de stations d’épuration, d’équipements culturels, de travaux routiers, etc., n’auraient pas vu le jour sans l’apport déterminant de la communauté urbaine de Marseille ?

Je suis absolument convaincu de la pertinence de cette échelle territoriale, même si l’on ne peut que regretter que la communauté urbaine de Marseille ne s’appuie pas sur un espace coopératif plus large.

J’invite mes homologues présidents à entrer dans une nouvelle ère de travail, à sortir des anathèmes anti-marseillais, à réfléchir aux modalités de coopération et à entrer dans un cycle productif de travail avec un nouveau préfet, Hugues Parant, qui a reconnu le caractère « exceptionnel » de notre situation territoriale.

Notre objectif clair et manifeste est de faciliter la vie des gens, au quotidien, des salariés dans leurs déplacements, dans leur recherche de logements, des entreprises dans leur installation, dans leurs projets, dans leur recherche de locaux disponibles. A plusieurs, sur des projets aussi clairement définis, je ne vois pas comment nous pourrions retomber dans les excès d’une lutte des territoires dépassée à l’heure où la mondialisation se moque de ces historiettes de leaderships, plus folkloriques que sérieux.

L’ambition métropolitaine marseillaise ne sera pas un « machin » institutionnel mais le vecteur de projets convergents vers une plus grande efficacité de l’action publique. Je m’y engagerai avec force et conviction.

(1) Intitulé « Unanimité territoriale dans les Bouches-du-Rhône », ce communiqué est signé par les intercommunalités suivantes : Agglopole Provence (Salon-de-Provence), Communauté d’agglomération du Pays d’Aix, Communauté d’agglomération du Pays d’Aubagne et de l’Etoile, Communauté d’agglomération Arles Crau Camargue Montagnette, Communauté d’agglomération du Pays de Martigues, Communauté de communes Rhône Alpilles Durance, Communauté de communes de la Vallée des Baux, Communauté urbaine de Marseille, Ouest Provence.

18 jan.

L’espérance tunisienne

Par ecaselli, à 11:18 à Marseille

Général

L’avenir de notre métropole est étroitement dépendant de la réussite de l’Union pour la Méditerranée (UPM). Lancé en juillet 2008 par le président de la République, le processus est certes brinquebalant mais il serait injuste d’en accuser opportunément le seul hôte de l’Elysée.

Fernand Braudel a merveilleusement décrit la complexité de cette espace géopolitique aux contours incertains. La seule certitude, en la matière, reste que notre avenir commun se joue entre le nord et le sud de cette mer fermée sur elle-même mais ouverte sur d’intangibles promesses.

Aujourd’hui, la révolte de la rue tunisienne offre un espoir inattendu de mûrissement du projet démocratique de l’UPM. Beaucoup ont cru que cette construction ne se ferait qu’à partir du seul levier économique. La manière dont le président Ben Ali a quitté le pouvoir, est une provocation ultime pour un peuple dont la maturité civique est une ode faite à la liberté. Oui, mille fois oui, la démocratie est le préalable absolu d’une zone de libre échange à la réciprocité irréprochable. L’UPM ne doit pas servir à engraisser des rentes de situation mais à améliorer la vie des populations.

Nous savons désormais que les dictateurs ne sont ni éclairés ni obscurs. Ils sont à combattre, sans autre calcul. Et le discours anxiogène consistant à laisser entendre qu’un surcroît démocratique ouvre la porte aux fondamentalismes religieux n’est qu’une perception à courte vue de l’histoire. Le peuple tunisien, dans ce qu’il vient de démontrer, ne peut lâcher la proie pour l’ombre. La démonstration qu’il vient d’offrir à la face du monde prendrait une tournure tragi-comique s’il troquait aujourd’hui l’autocratie liberticide contre l’obscurantisme religieux.

Sur ce qu’elle vient de montrer, la Tunisie mérite mieux qu’une telle issue.

Nous devons, à notre échelle, faire en sorte que cette révolution ne débouche pas sur un fiasco. De nombreux Tunisiens vivent sur notre sol, dans notre région. Ils ont manifesté de la joie et de l’espoir. Nous devons aider à reconstruire ce pays sur des bases saines. Car tout ce qui est bon pour la Tunisie est bon pour Marseille et son agglomération.

A l’heure où le Front national et son discours de haine se diffusent de nouveau dans les artères d’une société estomaquée par l’impuissance politique, la leçon tunisienne donne à réfléchir sur les valeurs que nous partageons ensemble, dans un espace méditerranéen en fusion, complexe mais si riche d’un avenir dont la fertilisation ne relève pas seulement de la posture incantatoire.

A l’heure où je vous écris, de nombreuses associations et organisations réalisent un travail cousu main de relations internationales pour jeter des ponts entre les deux rives et créer des mobilités enrichissantes. Ces femmes et ces hommes vivent à Marseille ou dans sa périphérie. Ils sont les bâtisseurs d’un autre monde, d’un espace que l’Europe encourage à se structurer et qui nous concerne tous. La folie des hommes, la crétinerie religieuse, le pis-aller terroriste, l’impasse conflictuelle, ne doivent pas nous détourner de l’essentiel : les peuples, dans leur immense majorité, aspirent à la paix. Les Tunisiens nous en ont apporté une preuve émouvante.

J’ai ici une pensée pour Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur de fruits et légumes de 26 ans, immolé par le feu à Sidi Bouzid, capitale agricole au cœur de la Tunisie. Il n’est pas mort pour rien. Il est le héros de la révolution tunisienne.Mo